Franz-Olivier Giesbert : « Hollande ne m’inquiète pas »

Rédaction en ligne

lundi 07 mai 2012, 13:38

« Ce ne sera pas le mandat le plus facile de la Ve République », prévient le directeur du Point et chroniqueur du Soir pendant la campagne. « FOG » a répondu à vos questions

Franz-Olivier Giesbert : « Hollande ne m’inquiète pas »

Sur le futur proche de François Hollande

« S’il ne règle pas un certain nombre de problèmes et ne parvient pas à réduire un tant soit peu les dépenses publiques (56 % du PIB), on peut avoir toutes les craintes pour la France. Mais vous savez, le pire n’est jamais sûr. »

Politique étrangère

« Hollande ne m’inquiète pas, je suis sûr qu’il saura assurer. Il est en effet très vif et très intelligent. En revanche, sur la politique économique, ce sera très compliqué… »

Sur la liberté d’action du prochain président français

« Il n’a pas les mains libres. Aucun président ne peut d’ailleurs avoir les mains libres. Il doit se méfier en priorité de son parti et des alliés de son parti. »

Sur le score serré entre les deux finalistes

« Ce score ne m’a pas étonné. Il m’a toujours semblé que cette élection serait très disputée. »

Sur le calibrage de Sarkozy sur l’électorat du FN plutôt que sur celui du Modem

« Je pense qu’il lui fallait séduire les deux électorats, ce qu’a, au demeurant, fait Hollande. Mais je crois qu’il en a simplement trop fait du côté des valeurs de la droite nationale, rien ne l’obligeait à aller aussi loin… »

À propos des Une de certains journaux français antisarkozystes

« J’ai pour principe de ne jamais être choqué par toutes les manifestations de la liberté d’expression. En revanche, je ne me priverai jamais non plus de polémiquer ou de contester certains travers des médias. Mais je ne crois pas qu’il faut mettre des barrières, et au lieu de donner des leçons de morale, je préfère répondre politiquement. »

Assistera-t-on à de grandes purges dans le monde médiatique français ?

« Je ne crois pas que ce soit le genre de Hollande. Mais vous savez, après une victoire, il y aura toujours des gens qui seront plus royalistes que le roi… »

Sur le pouvoir d’influence des médias

« Je ne crois pas que les médias manipulent. Ils font souvent ce que leurs lecteurs, leurs auditeurs ou leurs téléspectateurs leur demandent. »

Sur l’évolution des familles centristes

« Elles ont été mises à mal par l’élection présidentielle mais vous verrez, elles renaîtront parce que la France ne peut pas vivre sans un ou des centres. »

Sur le Front National

« Le résultat de ces élections est le signe que le FN va peser lourd dans la vie politique française ces prochaines années. »

À propos de la dette grecque

« […] Quant aux jérémiades sur la Grèce, elles ne sont pas de saison. La Grèce n’est pas une victime. Ses dirigeants ont menti aux autorités européennes pendant des années et il y a une tradition dans ce pays « de ne pas payer d’impôts «, due à l’histoire et à l’occupation turque. Je ne crois pas que ce soit sain de nous demander à nous de les payer pour les Grecs. Nous avons déjà assez des nôtres… »

Sur la responsabilité de la BCE dans la crise qui sévit en Europe méridionale

« Ces pays (la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie) se sont détruits eux-mêmes en laissant filer les déficits et en creusant les dettes. La BCE n’y est pour rien. On peut lui demander maintenant de les aider mais on ne peut pas l’accuser, elle, d’être à l’origine de leurs problèmes. Il faut qu’ils balaient tous devant leur porte. Trop de déficit augmente la dette et déstabilise l’économie, c’est une évidence qu’il faudra bien finir par reconnaître. »

Sur la crise en général

« Quand on examine de près les comptes publics et les finances des pays en difficulté, il me semble au contraire que la crise ne fait que commencer et que si on ne prend pas les mesures nécessaires elle s’aggravera très vite. »

Sur sa fascination pour Nicolas Sarkozy

« Je ne suis pas un militant. Il m’arrive d’être sévère mais j’entends toujours rester honnête. C’est pourquoi malgré toutes mes critiques je n’ai jamais sombré dans l’hystérie de l’antisarkozysme primaire. »

Jérémie Degives (St.)