Dexia : « On ne doit pas décharger les administrateurs »

Rédaction en ligne

mercredi 09 mai 2012, 12:49

Une assemblée des actionnaires de Dexia doit se tenir ce mercredi à 14h30. Y sera évoquée, notamment, la décharge des administrateurs. Nollet s’y est opposé, Wathelet est plus mesuré.

Dexia : « On ne doit pas décharger les administrateurs »

Ce mercredi après-midi, les actionnaires de Dexia devront décider s’il faut accorder une décharge aux administrateurs de Dexia, c’est-à-dire s’il faut approuver que la gestion passée des administrateurs de Dexia soit sans problème et ainsi renoncer à engager des poursuites à l’encontre des administrateurs de Dexia.

« J’ai fait savoir à mes collègues que je ne peux soutenir l’octroi de la décharge aux administrateurs Dexia », a déclaré Jean-Marc Nollet dans un chat avec nos internautes. « Il faut d’abord disposer de tous les éléments avant de « décharger » les administrateurs ».

« Ce n’est pas une décision anodine car une fois la décharge octroyée, plus possible de se retourner en justice », a-t-il prévenu pendant le chat. « Avant de traduire éventuellement quiconque devant la justice il faut y voir plus clair. C’est la raison pour laquelle la décharge ne peut être octroyée à ce stade. C’est d’ailleurs ce qui est fait au niveau du Holding Communal ou la question de la décharge a été postposée dans l’attente d’y voir plus clair. »

Le ministre wallon s’est ensuite étendu sur le coût de l’opération de sauvetage de Dexia : « Il y a le coût direct – 4milliards pour le rachat de Belfius – et le risque sur les garanties offertes de 54 milliards. La masse financière en jeu est énorme et aura un impact pendant plusieurs années encore sur les marges de manœuvre des pouvoirs publics. »

« La question qui se pose n’est pas seulement de savoir si à la fin il y aura une majorité politique contre la décharge (c’est malheureusement peu probable vu l’actionnariat). », a-t-il précisé, faisant plus tard le lien entre les droits des actionnaires et les droits civiques. « C’est aussi pour chaque actionnaire la question de préserver ses droits et donc pour ce qui concerne la Wallonie, les droits des citoyens que nous représentons. »

Le nouveau nom donné à la banque belge (Belfius) ne l’a pas non plus laissé indifférent : « Je n’ai pas été concerté ni consulté sur ce choix. Je l’ai découvert comme tout le monde dans la presse, et je pense effectivement qu’il y a mieux… Mais l’important, c’est plus le contenu que l’étiquette et ce que fera le gouvernement belge de cet outil qu’il détient désormais à 100 %. »

« Ce qui se passe en Grèce est effectivement inquiétant », a aussi admis Jean-Marc Nollet, rappelant l’influence des marchés et des banques sur la vie quotidienne des citoyens. « Quand on voit la détresse de la population et les conséquences des mesures qui doivent être prises, on ne peut qu’être révolté et se dire qu’il faut agir plus en amont et plus fortement pour à la fois réguler le monde de la finance (point sur lequel l’Europe doit jouer son rôle, mais pas question que l’Europe soit un alibi pour ne rien faire au niveau belge, notamment quand on est propriétaire d’une banque, ce qui est actuellement le cas de Belfius) et soutenir des politiques de redéploiement du type de celles que mène le gouvernement wallon, par exemple via l’alliance emploi-environnement. »

Puis, l’écologiste de conclure : « En tout cas la séparation des métiers entre les banques de dépôt et de crédit et les banques d’affaires est vitale. Le rôle de nos banques doit être d’aider l’économie réelle et pas la spéculation. C’est que comme ça que l’on créera de l’emploi. »

Wathelet : « La gestion du passé n’est pas sans problème »

Ce mercredi matin Melchior Wathelet, le secrétaire d’État aux réformes institutionnelles, a déclaré sur la Première, que si Dexia avait été gérée comme il le fallait, on n’en serait pas là. « Dexia a été mal gérée. Y a-t-il des fautes ? est-ce qu’une responsabilité a été engagée. Doit-on donner des conséquences juridiques, c’est le débat qui doit avoir lieu lors de l’assemblée », a commenté Melchior Wathelet.

G.D, P.LA