Le 11h02 : face au MR, le FDF « entre opposition et provocation »

Rédaction en ligne

lundi 21 mai 2012, 12:53

Le président du FDF s’en prend systématiquement au MR et à son président. Une stratégie manifeste mais qui va trop loin ? Martine Dubuisson a répondu à vos questions

Dans une interview accordée au Soir, le patron du FDF Olivier Maingain fait une comparaison entre Charles Michel et Marine Le Pen. Cette énième provocation semble faire partie de la stratégie du FDF.

Le FDF va-t-il trop loin lorsqu’il s’en prend au parti de Charles Michel ?

Martine Dubuisson : Le parti de Maingain joue son rôle d’opposition mais lorsqu’il dit que le discours du MR sur l’assistanat est comparable à celui du FN, l’opinion publique peut y voir une assimilation. Cela devient dangereux malgré toutes les précautions d’usage qu’il peut y mettre.

Le problème n’est-il pas pris à l’envers ? N’est-ce pas le MR qui a renié les engagements communs avec le FDF ?

Martine Dubuisson : Il y a toujours deux vérités. Les partis francophones ont fait le choix de renoncer à certaines de leurs exigences pour conclure les accords institutionnels pour une sixième réforme de l’Etat. Le MR a pris cette responsabilité pour donner un sursis au pays. Le FDF, de son côté, est resté intransigeant. Le parti de Maingain n’a rien voulu lâcher estimant que l’accord était mauvais. Les partis se sont distingués et il est normal que les électeurs se divisent.

On parle d’un « deuxième divorce » entre le FDF et le MR ?

Martine Dubuisson : Il est d’ordre idéologique. Le FDF ne se retrouve plus dans le libéralisme du MR, qui n’a plus rien à voir avec le libéralisme social des débuts. Pour Olivier Maingain, le MR, et plus précisément Charles Michel, devient de plus en plus conservateur, à l’image de toute la droite européenne.

Comment comprendre l’opposition au MR lorsque le FDF s’associe aux libéraux dans certaines communes ?

Martine Dubuisson : Effectivement, le FDF continue de travailler avec le MR dans certaines communes à Bruxelles. Olivier Maingain l’explique par l’adoption d’une charte de valeurs qui sert de base à toute alliance. Le FDF a décidé d’accepter les libéraux qui sont en accord avec les principes de cette charte.

Les stratégies du FDF à Bruxelles et en Wallonie sont-elles différentes ?

Martine Dubuisson : En Wallonie, le FDF doit courir après les voix. À Bruxelles, le parti est plus fort et son combat vise à préserver les communes par rapport à la Région bruxelloise où les partis flamands sont surreprésentés. De cette façon, le FDF vise à défendre les intérêts des francophones.

Quel est l’avenir du FDF ?

Martine Dubuisson : La thèse selon laquelle le FDF disparaîtra dans dix ou quinze ans est celle d’Armand Dedecker. Mais cela fait maintenant 20 ans que l’on dit cela. Tant qu’il y aura des remous dans le paysage politique belge, le FDF pourra jouer son rôle et susciter la polémique. Il y a un électorat pour ce genre de discours.