Le 11h02 : " Les politiques ne manquent pas d'éthique, mais..."

Rédaction en ligne

mercredi 23 mai 2012, 11:37

Didier Donfut, Johan Vande Lanotte, Paul Furlan... Les conflits d'intérêts des hommes politiques font régulièrement la Une des journaux. Acharnement médiatique ou dérapages des politiques  ? David Coppi a répondu à vos questions

Les politiques sont-ils éthiques?

En politique, c'est le respect des règles qui domine. La grande majorité des acteurs politiques travaille dans le respect l'éthique malgré ce que peut en dire le discours anti-politique qu'on entend en ce moment. Sans ce respect, la démocratie ne tiendrait pas debout. Mais même si la fonction politique est encadrée, épisodiquement, il y a bien des dérapages,parfois significatifs. Il faut éviter de généraliser. D'ailleurs, la question de léthique se pose d'ailleurs dans la société toute entière.

Comment expliquer que les élus PS se retrouvent souvent au centre de ces affaires?

Même si les dérapages et les conflits sont de toutes couleurs politiques, le PS, particulièrement dans la partie francophone, est souvent au premier plan. Cela peut se comprendre parce qu'il est au pouvoir depuis plus de 20 ans. Le Parti Socialiste est présent au fédéral, dans les Régions, en Communauté française et dans de nombreux communes. Puisqu'il exerce le pouvoir, il est potentiellement le plus exposé aux dérapages. La politique ne se résument pas aux valeurs et aux beaux discours. La politique, c'est aussi essayer d'établir un rapport de force favorable, en occupant les bons réseaux ou les postes à responsabilité. Cette conquête du pouvoir demande de jouer parfois de jouer avec les règles, notamment avec le cumul des mandats.

Les dérapages ne sont-ils pas significatifs de notre démocratie?

Nos démocraties politiques sont en mutation, parce que le monde socioéconomique change, parce que la démographie change, parce que la crise économique frappe... La démocratie a déjà son âge et il faut peut-être la renouveler. Ce contexte peut faire déraper la politique plus globalement que les dérapages ponctuels. Il faut donc être plus vigilant afin que certains estompements de la norme ne se laissent pas entrevoir. Cela nécessite un questionnement.

Quelle est la part d'acharnement journalistique?

Il faut parler des dérapages mais ne pas tout mélanger. Je ne vois pas d'acharnement. Parfois il y a bien une mise en scène journalistique. Ce n'est pas tout le temps un hasard si certains discours arrivent à l'oreille des journalistes, nous sommes en période électorale. Parallèlement, on demande parfois aussi aux journalistiques d'être plus virulents, comme leurs homologues flamands. Je pense que cela reste une idée reçue. Au Nord comme au Sud, les journalistes font leur travail.

Résumé Anaïs Martinez (St.)