« Le tabac coûte plus cher à l’État qu’il ne lui rapporte »

STAGIAIRE

mercredi 30 mai 2012, 13:44

Le 5ème « Plan wallon sans tabac » est lancé. Pourtant, le tabagisme fait encore des milliers de morts chaque année en Belgique. À qui la faute ? Résumé du chat avec Michel Pettiaux, directeur du Fonds des Affections Respiratoires

« Le tabac coûte plus cher à l’État qu’il ne lui rapporte »

©epa

Le tabac tue 20 000 personnes chaque année en Belgique. À ce chiffre s’ajoutent les 1900 victimes du tabagisme passif. Pourtant, Michel Pettiaux, directeur du Fonds des Affections Respiratoires, explique que les stratégies mises en place, comme l’augmentation des prix des paquets de cigarettes fonctionnent « mais il faut que cette augmentation soit récurrente, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays européens, l’industrie du tabac y étant farouchement opposée. » Les méthodes de sensibilisation classiques se sont faites de plus en plus discrètes faute de moyens budgétaires, « la lutte continue et les campagnes d’information et de sensibilisation sont plus ciblées qu’auparavant » affirme le spécialiste. La proposition de Madame Fonck est donc une opportunité pour Michel Pettiaux. La coalition nationale belge contre le tabagisme soutient d’ailleurs le projet de vente de paquets génériques, neutres.

Comme l’opinion publique le souligne souvent, la cigarette rapporte beaucoup à l’État mais, explique le directeur du Fonds des Affections Respiratoires, « le coût du tabagisme est plus élevé que les recettes qu’il génère. C’est la notion de temps qui diffère. Les recettes des paquets de cigarettes sont à court terme. Les dépenses doivent, elles, être reportées à plusieurs dizaines d’années » Pour cela, diminuer la consommation de tabac alors que l’État a besoin d’argent en cette période de crise, n’est pas paradoxal pour Michel Pettiaux.

Et une interdiction totale de la cigarette est-elle envisageable ? Le risque de la contrebande est souvent évoqué par l’industrie du tabac, elle-même. « Cela lui permet de mettre les gouvernements sous pression » mais « c’est oublier que parfois l’industrie elle-même est partenaire de ces dérèglements. » Pourtant, l’hypothèse circule nous dit le spécialiste, « l’Australie évoque une fin du tabac pour 2030. »

À la question de savoir s’il ne faudrait pas augmenter les cotisations sociales des fumeurs, Michel Pettiaux a préféré se positionner contre une telle initiative, « ce sujet est délicat mais tout repose sur la solidarité qu’un État veut se donner. Notre Sécurité Sociale a pour objectif de protéger celles et ceux qui ont des accidents de la vie, des maladies, etc. Il faut traiter avec la même célérité ceux qui ont fumé toute leur vie et ceux qui ne fument pas » justifie-t-il.

Le directeur du Fonds des Affections respiratoires a conclu en rappelant l’existence de la ligne Tabac Stop GRATUITE 0800 111 00 et des Centres d’aide Aux Fumeurs voir le site du FARES WWW.FARES.be