Le 11h02 : « Le débat sur l’intégration a besoin de sérénité »

STAGIAIRE

vendredi 01 juin 2012, 12:20

« Un véritable échec ». Voila comment Didier Reynders a qualifié la politique d’intégration à Bruxelles, déclenchant la polémique. La campagne pour les communales a-t-elle déjà commencé ? David Coppi a répondu à vos questions

Quel est le contexte de cette déclaration de Reynders ?

Reynders était invité sur Bel RTL, et en fin d’interview, Fabrice Grosfilley lui a demandé s’il ne désirait pas formuler d’excuses suite à ses propos sur Molenbeek. Il a répondu à cela : « l’intégration est un problème politique dans certains endroits » Il n’a pas globalisé l’intégration, il a cité Molenbeek. Néanmoins, en tant que politique chevronné, Didier Reynders sait ce qu’il dit. Il relance un débat qui peut être dangereux puisque cette polémique se prête à tous les dérapages.

La politique d’intégration de la Belgique est-elle un échec ?

Sans avoir une expertise précise sur le sujet, je pense que l‘intégration peut poser problème dans certains quartiers. Mais je suis également convaincu que le problème fondamental reste la dualisation de la société. La fracture est essentiellement socio-économique.

A-t-on laissé les choses se dégrader dans certaines communes ?

Des erreurs ont probablement été commises mais des efforts ont également été accomplis. On incrimine trop facilement les bourgmestres et les mayeurs alors qu’ils sont confrontés au quotidien au problème de la coexistence de différentes populations dans leur commune. Bien sûr, nos sociétés font face à un phénomène de ghettoïsation. Il faut bien entendu y apporter des solutions mais je n’incriminerais les bourgmestres.

Pour réharmoniser la vie sociale, il n’y a qu’une solution, c’est le dialogue. La confrontation ne permettra pas de renouer les fils.

Que cache la polémique sur l’intégration ?

Le débat sur l’intégration est valable en permanence mais il ne doit pas l’être d’une façon évidente à quelques mois des élections communales. Premièrement, ce débat cache une dimension de sensibilités politiques légitimes à ces problématiques, exprimées de façon plus ou moins pugnace. Deuxièmement, il y a une composante d’un positionnement politico-électoral.

Ce thème est une poudrière potentielle. Le débat ne doit être éludé, mais il doit être mené de façon sereine et démocratique. Il faut le redimensionner en période électorale parce qu’il prête à tous les dérapages. Il faut éviter de creuser les fossés.

Les autres politiques réagissent à cela. Maingain a même parlé de schizophrénie libérale…

Entre les déclarations de Didier Reynders et la visisite de la délégation du MR au Maroc, il y a un fossé. Les parlementaires bruxellois avaient pour mission de renouer, de cultiver les liens avec le Maroc et par ce biais avec les populations étrangères présentes en Belgique.

Est-on en pleine campagne électorale ?

Oui. Mais ce n’est pas le meilleur pan de la campagne. Je crains que ces problématiques resurgissent de façon récurrente. Nous sommes en crise économique et politique, c’est un contexte favorable à des positionnements excessifs. Nous aussi, médias, nous devons réagir. Bien sûr, nous devons recueillir les opinions diverses mais nous avons la mission de redimensionner le débat.