Le 11h02 : « En France, il y a un problème d’inceste politico-médiatique amoureux »

STAGIAIRE

mercredi 13 juin 2012, 12:43

La première dame de France a manifesté son soutien via Twitter à Olivier Falorni, candidat PS en Charente-Maritime opposé à Ségolène Royal, soutenue, elle, par François Hollande. Béatrice Delvaux a répondu à vos questions

Bernard Pivot a imaginé un scénario improbable : Francois Hollande demande à Valérie de se sacrifier publiquement pour Ségolène en soutenant Olivier Falorni. Ségolène Royale passe alors pour la femme trahie qui émeut la France et donc les électeurs… Était-ce un coup monté ?

Cela m’étonnerait qu’elle ait à ce point envie de se sacrifier pour Ségolène Royal. Elle aurait alors bien caché son jeu…

Pourquoi avoir tweeté son soutien alors ?

M. Falorni a soutenu François Hollande pendant sa traversée du désert. Il a aussi été sans doute celui qui a abrité les amours de ce couple. Mais avec ce tweet, on se retrouve dans une situation de jalousie, Madame Trierweiler ne supporte pas Madame Royal. On passe d’une triangulaire politique à une triangulaire amoureuse.

Une histoire de bonnes femmes en fin de compte ?

Les hommes sont capables des mêmes choses mais en effet, Valérie Trierweiler donne cette impression. Ce matin, logiquement, toute la presse aurait dû titrer sur un élément très important du paysage politique français. L’UMP a brisé le cordon sanitaire et s’est rapproché de l’extrême droite. Madame Le Pen, elle-même, s’en réjouit. Ce fait aurait pu jouer contre la réputation des candidats de droite et avoir une répercussion sur la scène internationale. Et il passe inaperçu ! La presse internationale n’a parlé que de ce crêpage de chignon.

D’habitude, vous prenez parti pour les femmes qui défendent leurs idées…

Je ne défends pas ce type de comportement. Elle n’est pas une publicité pour les femmes modernes, qui elles, se battent sur le terrain ou pour trouver un boulot.

Les femmes journalistes en France laissent croire qu’il est possible d’être journalistes et femmes d’homme politique. Elles finissent par mélanger les genres. En tant que première dame, Mme Trierweiler a refusé à son magazine de gérer les choix de ses unes mais revendique par ailleurs le droit à poursuivre son métier de journaliste. Elle ne gère pas, tout comme Madame Pulvar, ces conflits d’intérêts mais les impose aux autres. Si le titre de Première dame la dérange, qu’elle ne le prenne pas mais qu’elle laisse son mari faire sa présidence.

Après DSK, le PS n’avait pas besoin de ça.

Cela nous fait l’effet de Cécilia Sarkozy sauf que Nicolas Sarkozy l’avait assumé. François Hollande, lui, avait dit qu’il ne mélangerait pas vie privée et vie publique. Il ne peut même pas parler de ce tweet, sinon cela signifierait qu’il parlerait de sa vie privée. Valérie Trierweiler a troublé le déroulement d’une présidence. Ce tweet pourrait suivre Hollande, tout comme le Fouquet’s a suivi Nicolas Sarkozy.

Et si cette femme n’avait fait que donner son opinion ?

Honnêtement, son opinion importe peu. La politique de son mari prime. Elle devrait être au service d’une présidence qui se construit, d’un projet politique. Mais politiquement, cet événement aura des suites. On l’a vu avec Nicolas Sarkozy, les éléments privés pèsent sur une présidence

Qu’elle est la position officielle du PS sur cette affaire ?

Au PS, les consignes sont de dire que la première dame de France a le droit d’avoir des opinions personnelles. Alors qu’en réalité, cette pseudo-modernité, défendue par Valérie Trierweiler, fini par poser problème à son compagnon, le président. La version officielle c’est donc l’embarras.

Que devrait-elle faire ?

Elle devrait reconnaître son erreur et fermer son compte tweeter. Elle devrait se retirer. Être femme de président ne doit pas être chose aisée mais le couple doit alors se demander quel est l’objectif ?

Ces femmes ont perdu des repères de réalité. En France, il y a un problème d’inceste politico-médiatique amoureux qui n’est pas suffisamment dénoncé. Personne n’a appris de l’affaire DSK et de Nicolas Sarkozy.