Le 11h02 : la déprime des Belges, « au-delà de l’urgence, des actes »

Rédaction en ligne

mardi 12 juin 2012, 12:07

L’enquête sur le bien-être psychologique de la population, menée à la demande de Solidaris, la RTBF et Le Soir auprès de Belges francophones, dresse un tableau noir du moral de la population. Ricardo Gutiérrez a répondu à vos questions

Les chiffres du « thermomètre des Belges » publiés dans Le Soir parlent d’eux-mêmes. 8 % des Belges interrogés déclarent avoir déjà tenté de se suicider, 10 % souffrent d’angoisse, d’anxiété ou de dépression, 45 % craignent de tomber dans la précarité, 57 % sont inquiets pour l’avenir de leur enfant et enfin 57 % ont besoin d’un accompagnement psychologique.

Retrouvez le « thermomètre des Belges toute la semaine

Mardi : Le résumé de l’enquête

Mercredi : ce qui inquiète les Belges

Jeudi : l’échec des psys

Vendredi : entretien avec Laurette Onkelinx

Quel a été le modus operandi de cette enquête ?

L’enquête s’est déroulée en 2 volets. Premièrement, 1.000 personnes ont répondu à un sondage d’opinion à Bruxelles et en Wallonie. Deuxièmement, nous avons soumis un questionnaire à 130 professionnels de la santé médecins généralistes, psychologues, psychiatres… Nous avons utilisé des tests médicaux, dont le PHQ9, se basant sur des critères fiables. Le sondage est donc très professionnel.

Le sujet a suscité beaucoup de réactions. Nous avons recueilli de nombreux témoignages…

En effet, on remarque que d’une façon générale, les gens ont besoin de secours, d’aide qu’ils ne trouvent pas. C’est une des conclusions de cette étude. Les médecins interrogés ont exprimé le sentiment de devenir des assistants sociaux. Ils ont la conviction également que le mal-être physique à souvent des origines psychologiques. Ils se sentent désarmés, car peu formé à la prise en charge psychosociale.

Au-delà du constat, que faut-il faire ?

Il est temps de prendre des mesures. Il importe que les professionnels de la santé soient formés à la prise en charge psychologique de leurs patients. Les autorités sanitaires devraient revoir certaines procédures de remboursement. Par exemple, la prescription des « pilules du bonheur » (anxiolytiques, calmants…) est facile car remboursée par la sécurité sociale alors qu’une psychothérapie n’est prise en charge que dans une très faible mesure. Il faudrait renforcer le maillage des centres de santés mentaux dans les quartiers. Il est temps que les décideurs prennent ces responsabilités.

Est-ce que la santé mentale des Belges est une priorité du gouvernement ?

Ce secteur a besoin d’urgence de réinvestissement. Il n’apparaît pas cohérent dans sa structure et la réforme de l’État ne va pas faciliter les choses alors que le besoin est clairement exprimé par la population. Comme je l’ai dit dans l’Edito, peut-être qu’il nous faudrait un ministre du Bien-être et du Bonheur.

Retrouvez toute la semaine « le thermomètre des Belges » dans Le Soir.

Résumé Anaïs Martinez (st.)