« L’espace public n’est pas réparti équitablement à Bruxelles »

Rédaction en ligne

jeudi 14 juin 2012, 13:13

« Combien de nuisances sont causées par la minorité d’automobilistes à la majorité des piétons et cyclistes ? » s’interroge Philippe Van Parijs qui défend l’initiative. Le résumé du chat

« L’espace public n’est pas réparti équitablement à Bruxelles »

: Le Soir/Sylvain Piraux

Sur la répartition de l’espace public. « Pour ceux qui estiment que l’espace public est réparti de manière équitable entre automobilistes et piétons, qu’ils réfléchissent un moment aux proportions de l’espace public attribuées aux voitures (voiries et parking) et aux piétons (trottoirs) et qu’ils les comparent aux nombres d’automobilistes et de piétons à chaque moment. Qu’ils se demandent combien de nuisances sont causées par la minorité d’automobilistes à la majorité des piétons et cyclistes et inversement (pollution, bruit, risque de blessure et de décès). »

« Une fois cet exercice fait, estimez-vous encore que l’espace public de nos villes est équitablement distribué ? »

Sur les espaces verts. « C’est vrai qu’il y a les parcs, et la Forêt de Soignes est aussi une chance pour Bruxelles, de même que les intérieurs d’îlots plus arborés que dans de nombreuses autres villes. Mais comme beaucoup d’entre vous en auront fait l’expérience dans beaucoup d’autres villes, libérer entièrement de la voiture un boulevard central, ne fût-ce que chaque dimanche après-midi c’est tout autre chose. »

« Anspach peut et doit devenir un lieu de passeggiata hebdomadaire à l’italienne, mais aussi un lieu où des Bruxellois de toutes langues et de toutes couleurs doivent pouvoir se retrouver, faire et écouter de la musique, prendre ensemble de nouvelles initiatives. Et ce faisant nous donnerons au monde une tout autre image de la capitale de l’Europe. Ce n’est pas par hasard que le picnic du 10 gui a été répercuté dans la presse internationale, d’Al Jeezira à Beijing et Caracas. »

Sur l’utilisation de la voiture. « C’est vrai que tous les automobilistes sont souvent piétons. Mais beaucoup de piétons ne sont jamais automobilistes. Et ils seront de plus en plus nombreux à ne jamais l’être. »

« Dans le monde entier, nous vivrons demain toujours plus nombreux dans les villes, notamment pour épargner une énergie de plus en plus rare. Et nous devrons y vivre avec toujours moins de voitures en proportion du nombre d’habitants. Et la vie doit y être beaucoup plus saine et agréable qu’aujourd’hui. »

« Le picnic et ce qu’il revendique n’est pas qu’une idée tout à fait charmante. C’est une exigence fondamentale, à notre petit niveau bruxellois, pour permettre une survie équitable de l’espèce humaine. »

G.D