Sauver la zone Euro ? Une question de solidarité

STAGIAIRE

vendredi 15 juin 2012, 12:58

« La Grèce aurait été sauvée, si nous n’avions pas fait les rapaces » avance Georges Hübner, professeur à HEC Liège. Sa solution ? Mobiliser les trésors européens pour acheter de la dette des pays attaqués par les marchés. Il a répondu à vos questions

Sauver la zone Euro ? Une question de solidarité

Georges Hübner Photo : Le Soir/Sylvain Piraux

Morceaux choisis du chat.

Au sujet du sauvetage de l’euro :« Nous avons la possibilité de mobiliser suffisamment de ressources pour stopper nette la crise. Mais pas en endettant les pays faibles: cela ne les mènera nulle part. Une dette supplémentaire pour investir dans le secteur privé de ces pays amènerait un effet de richesse supérieur à l’augmentation du coût de l’endettement » La solution ? « Le meilleur remède serait sans doute de faire évoluer ce système vers une solidarité plus globale. La Grèce serait sauvée si l’on avait été de suite solidaire, plutôt que rapaces comme les états du Nord l’ont été. »

Au sujet de la responsabilité européenne : « Nos politiques ne sont que le reflet de ce que les gens désirent. Ils ne veulent pas voir une solidarité pan-européenne ces temps-ci, et nombre de gens préfèrent condamner les grecs. La solution est connue: faire un chèque, aider concrètement le pays à se redresser, mais une telle mesure serait totalement impopulaire »

Au sujet de l’Espagne : « le pays est un pays “systémique”, qui ne peut pas tomber sans précipiter la zone dans sa chute. Il a évidemment la possibilité de rembourser le montant, mais la facture sera en fait bien plus élevée (> 280 Md). C’est le fruit de cet investissement qui doit permettre le remboursement; il faut donc relancer la machine économique avec cet argent. Or, ici, on éponge simplement un trou »