Chat : Rio+, « Le coût de l’inaction sera plus élevé que celui de l’action »

STAGIAIRE

jeudi 21 juin 2012, 13:33

Une centaine de chefs d’État et de gouvernement ont entamé mercredi à Rio un sommet de trois jours. Mais ce genre de grands rassemblements initiés par l’ONU débouche rarement sur des décisions concrètes et contraignantes. Alors, utile ou inutile ? Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD, a répondu à vos questions

Chat : Rio+, « Le coût de l’inaction sera plus élevé que celui de l’action »

AP

Morceaux choisis du chat.

Au sujet du coût écologique du sommet : « Si un sommet international se déroule quelque part à l’autre bout du monde, il est logique que les décideurs prennent l’avion. Ne pas y aller serait bien pire, et je trouve d’ailleurs dommage que le Premier ministre belge, tout comme Obama, Cameron ou Merkel, ne soient pas présents, car de tels enjeux doivent être gérés au plus haut niveau » Et plus loin, « L’argument qui consiste à épingler les décideurs politiques présents à Rio me semble poujadiste et contre-productif. Les crises globales ne sont pas de la science-fiction et elles ne pourront être solutionnées que par des décisions politiques mondiales, or il n’existe pas de gouvernement mondial, il est donc indispensable de réunir les décideurs autour d’une même table pour les inciter à prendre les décisions qui s’imposent. »

Au sujet de la question démographique, souvent pointée du doigt comme barrière au développement durable : « Les thèses malthusiennes ont été déconstruites grâce aux progrès en termes de productivité qui ont permis d’assumer la hausse démographique. Plusieurs régions du monde, dont la nôtre, ont déjà connu leur transition démographique, notamment grâce à l’égalité des sexes qui a permis aux femmes de travailler et de faire moins d’enfants. Il reste certes un défi important en Afrique, où on annonce un doublement de la population en quelques décennies, mais réduire la question du développement durable à la question démographique est une erreur. »

Au sujet de l’action locale : « Les décisions politiques internationales sont nécessaires pour fixer un cap s’imposant à tous les pays, mais la transition passera par des actions locales si on veut qu’elle se concrétise sur le terrain » Un exemple ? « L’essentiel des émissions de gaz à effet de serre en Belgique provient du manque d’isolation des bâtiments. Ce n’est donc pas très compliqué de régler ce problème, ce qui permettrait au passage de créer des emplois dans ce secteur à forte intensité de main-d’œuvre. »