Le 11h02 : « Rendre les emplois créés accessibles au plus grand nombre »

STAGIAIRE

mardi 26 juin 2012, 12:31

Bonne nouvelle : l’emploi tient bien le cap en Belgique, malgré la crise. Seul (gros) bémol : immigrés, personnes âgées, non-qualifiés… se retrouvent trop souvent exclus. Comment l’expliquer ? Bernard Demonty a répondu à vos questions

Les chiffres de l’article, repris du rapport de l’Onem ne correspondent pas aux données que l’on peut trouver sur leur site internet.

Les informations de l’Onem ne sont pas tronquées mais ne prennent en compte que les demandeurs indemnisés. Cela permet une comparaison d’une année à l’autre. Les évolutions constatées sont donc correctes. Pour des statistiques plus complètes, visitez Eurostat.

Comme se positionne la Belgique par rapport aux autres pays européens ?

La situation est plutôt positive. Seule l’Allemagne fait mieux. Le chômage, en période de crise, n’a augmenté que de 2,5 %. Cela s’explique par des mesures prises par le gouvernement en affaires courantes. Plutôt que de licencier le personnel, on a pensé à le faire travailler à temps partiel. En chômage temporaire, le travailleur garde un lien avec son entreprise.

Comment expliquer l’exclusion des personnes issues de l’immigration non-européenne ?

La discrimination à l’embauche existe. C’est une réalité. Mais il y a aussi un problème important de manque de qualification et de bilinguisme. À Bruxelles, cette exclusion est encore plus marquée. Le taux de chômage de ces personnes monte alors à 35,6 %. La capitale, porte d’entrée de l’immigration, concentre pourtant le travail très qualifié pour lequel des formations et diplômes sont demandés.

Les exigences des entreprises sont-elles à remettre en cause ?

Oui. Le rapport le dit. Mais difficile de culpabiliser les entreprises qui veulent le meilleur. Avec un coût salarial élevé, le patron exige des compétences élevées.

Que dire des chiffres concernant le taux d’emploi des plus de 50 ans ?

Le taux d’emploi de cette catégorie a fortement diminué. Cela peut s’expliquer par l’écart salarial entre une personne de 20 ans fraichement engagée et une personne en fin de carrière.

L’aide à l’emploi, un frein à l’embauche ?

Les passeports emploi sont devenus problématiques. Trop nombreux, peu clairs, il est temps de les rationnaliser ou de créer éventuellement une aide générale pour tout le monde où peuvent se greffer 2–3 aides ciblées.