Chat : « Les solutions proposées lors des sommets renforcent la crise »

Rédaction en ligne

vendredi 29 juin 2012, 15:54

Les sommets se succèdent pour « rassurer les banques ». Ce sommet pourra-t-il rendre l’espoir aux Européens ? Georges Gilkinet (Ecolo) et Eric De Keuleneer ont répondu à vos questions.

Morceaux choisis du chat.

Au sujet des avancées du sommet européen

Georges Gilkinet. : « Peut-on se permettre de continuer à laisser les banques spéculer avec l’argent de l’épargne des citoyens et les états comme garants en dernier ressort ? Je pense que la réponse est évidente. Peut-être l’idée d’une Union Bancaire peut-elle comporter ses éléments de réforme. Les solutions proposées ne font que renforcer la crise et les inégalités, à défaut d’être réellement structurelles… »

Que doit faire l’Union Européenne ?

G.G. : « L’enjeu budgétaire et industriel de l’Europe, c’est de construire une économie de l’après-pétrole : efficacité énergétique, utilisation + rationnelle des matières premières, développement du renouvelable, transports en commun… Ce projet, je ne lis pas dans les conclusions des Sommets… »

Eric De Keuleneer : « Il est très difficile politiquement de proposer des mesures efficaces, car elles gênent toujours un lobby, et les lobbies font pression sur l’opinion publique pour que celle-ci refuse toute mesure un peu contraignante. L’Europe vit au-dessus de ses moyens. On doit travailler plus et dépenser moins »

Comment rendre espoir aux citoyens européens ?

G.G. : « Pour rendre de l’espoir, il faut mettre des projets sur la table et de vraies solutions, plutôt que les demi-mesures qui se succèdent, too little too late. Nous pensons que la BCE doit pouvoir jouer un rôle de prêteur en dernier ressort pour les États (dont certains doivent se financer à du 6, 8 % voire plus) comme elle le fait vis-à-vis des banques. Cela permettrait de diminuer la charge de leur dette. À côté de cela, il faut une réelle convergence sociale et fiscale, pour mettre fin au dumping qui tue les plus faibles à petit feu. »

E.D. : « Mettre l’intérêt général au centre des décisions, et ne pas avoir peur d’être impopulaire à court terme. Il faut réformer le système financier, le mode de financement de la sécurité sociale, la fiscalité… C’est pourtant assez simple : il faut isoler l’activité bancaire classique, imposer la transparence des transactions. C’est faisable au niveau européen, et même au niveau belge on peut progresser. »