Le 11h02 : « Un plan de relance plus réaliste »
Rédaction en ligne
mercredi 04 juillet 2012, 13:10
Le gouvernement « essayera » d’arrêter les premières mesures du plan de relance d’ici le 21 juillet. Face à la crise, Elio Di Rupo aurait-il déjà renoncé ? David Coppi a répondu à vos questions.
Du « plan de relance de l’été » à la « stratégie de relance de l’année » : pourquoi le Premier Ministre, Elio di Rupo, amorce-t-il ce glissement sémantique ?
Le cabinet du Premier ministre n’annonce aucun changement de stratégie. Pourtant, le plan de relance de juillet avait d’abord été isolé comme spécifique, mais le gouvernement ne proposera pas un plan de relance « keynésien », comme celui mis en place après la crise mondiale de 1929. Ainsi, une stratégie plus graduelle sur l’année est désormais présentée et le plan de relance ne peut s’opérer sans connexion avec les partenaires sociaux, notamment dans le cadre du nouvel accord interprofessionnel prévu pour la rentrée.
Quelles sont les mesures attendues dès cet été ?
La politique de rigueur budgétaire reste un point nodal de l’action gouvernementale. Les mesures pour réduire le déficit épargnent relativement la population, notamment par rapport à ce qui se passe ailleurs en Europe, dans des circonstances différentes. La sécurité sociale n’est, par exemple, pas touchée, même si la réforme du marché du travail et la modulation des allocations chômage induisent une certaine dureté sociale. En fait, la Belgique n’est pas concernée par la rigueur, mais par l’austérité. Pour relancer la machine économique belge, la réduction des cotisations sociales est envisagée pour faciliter les embauches des PME. Parallèlement, la création d’entreprises devrait être administrativement facilitée. L’innovation est aussi un axe privilégié. Puis, continuellement, le gouvernement dressera le bilan des indicateurs économiques, pour conserver une paix sociale globale et ajuster sa politique. Enfin, le gouvernement, qui est dans une coalition à six, et à l’approche des communales, se doit d’être prudent, notamment sous la pression des partis flamands, dont l’électorat est plus conservateur.
Un plan de relance économique ambitieux n’est-il donc pas réalisable ?
La présentation d’Elio di Rupo est un plan minimum, dénotant une certaine forme d’impuissance politique et économique, notamment faute de moyens et de leviers envisageables. En outre, le gouvernement vise à ne pas déséquilibrer les paramètres, car les fondamentaux sont plutôt bons : le taux d’emprunt à moyen terme est à 3 %, les prévisions de réduction du déficit sont correctes, et la croissance est relativement meilleure qu’ailleurs en Europe. La vague « hollandienne » attendue a permis de faire bouger les lignes institutionnelles dans l’Union, notamment après le dernier sommet européen, pour limiter les différentiels de « spreads » avec l’Allemagne. Plus d’attention est portée sur la relance, comparativement à ce qui se passait lors du duo Sarkozy-Merkel. Cependant, l’Europe reste politiquement frileuse. Or, une relance ambitieuse n’est réalisable qu’à l’échelle communautaire. De ce fait, les mesures du gouvernement Di Rupo, même si elles ont été présentées comme créatives, sont davantage de l’ordre de la communication politique.
Martin Cangelosi (St.)