« Les nouveaux moyens de partage grâce à Internet sont à prendre en compte. »

Rédaction en ligne

jeudi 05 juillet 2012, 15:27

ACTA a été massivement rejeté hier par le Parlement européen. André Loconte, co-fondateur de la NURPA, une association belge de protection des droits des internautes, a débattu avec vous : « Le rejet d’ACTA est une victoire cruciale pour une véritable forme de démocratie participative. »

« Les nouveaux moyens de partage grâce à Internet sont à prendre en compte. »

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Selon NURPA, quel impact le rejet d’ACTA pourrait-il avoir sur les prochaines décisions publiques, en matière de droit d’auteurs et d’Internet ?

Les procédures européennes prochaines devront prendre en compte le principe de « droits de l’Homme » comme point nodal de tout débat, en plaçant l’intérêt du plus grand nombre de citoyens quant à l’accès aux connaissances. Ainsi, toute réflexion se doit d’être objectivée, afin qu’Internet devienne le lieu de partage de la culture savante. Repenser le droit d’auteur est, alors, un enjeu sous-jacent. Empiriquement, le piratage ne doit pas être confondu avec le partage, même si des effets positifs et négatifs sont induits, et à déterminer.

Les artistes, notamment dans le domaine musical, d’autant plus quand ils débutent, se plaignent que les internautes qui piratent les empêchent de vivre de leur travail ?

En fait, beaucoup d’artistes se plaindraient davantage des intermédiaires, qui s’accumulent entre eux et ceux qui les écoutent, à l’instar des sociétés de gestion ou les majors. Les différents échelons entre le créateur et le destinataire s’octroient une part importante des revenus. En outre, chaque internaute, artiste ou pas, peut créer les paramètres nécessaires à un marché concurrentiel, et proposer son travail, autant qu’autrui. Ce même internaute est libre de décider de son mode de rémunération propre.

Quel a été le rôle de l’association NURPA quant au rejet du projet ACTA, présenté devant le Parlement européen ?

NURPA s’attache à un travail d’information et d’action au sein du Parlement européen, et l’action relative à ACTA a duré 4 ans. Rencontrer les députés européens et belges est, alors, la mission de l’association, afin de les sensibiliser aux préoccupations et aux besoins des internautes. Des collaborations avec d’autres structures existent à l’échelle communautaire. Les bénévoles de NURPA développent, ainsi, des outils et projets, fondés sur la promotion des licences et des logiciels libres.

Martin Cangelosi (St.)