Le 11h02 : « Federer est un champion mais il ne faut pas comparer les époques »

Rédaction en ligne

lundi 09 juillet 2012, 14:32

Roger Federer, le plus grand de tous les temps ? « C’est rare qu’un trentenaire gagne un Grand Chelem. Ce que fait Federer est exceptionnel. Mais jamais je ne comparerai les époques », a expliqué Patrick Haumont lors du 11h02.

Le 11h02 : « Federer est un champion mais il ne faut pas comparer les époques »

©afp

Roger Federer n’était pas dans vos pronostics pour Wimbledon, au vu de sa prestation, peut-on dire qu’il est le plus grand champion de l’histoire ?

Patrick Haumont (Amortie et lob) : « C’est vrai qu’on ne l’attendait plus. Et en général, quand un grand champion perd deux matches d’affilée, on a tendance à l’enterrer.

Pour être honnête il ne faisait pas partie de mes favoris non plus, j’étais persuadé que le top 3 ne gagnerait pas Wimbledon. (Nadal, Federer, Djokovic)

C’est rare qu’un trentenaire gagne un Grand Chelem. Ce que fait Federer est exceptionnel. C’était un match très viril. Il a été au bout, c’est exceptionnel.

Mais jamais je ne comparerai les époques. Je n’ai jamais vu Fred Perry jouer, je ne sais pas non plus comment Björn Borg se serait adapté aux nouvelles raquettes. Jamais je ne comparerai Federer. On peut juste dire qu’il est le plus grand depuis 15 ans. Je trouve que ça na pas de sens de le comparer à des gens contre qui il n’a pas joué, même si c’est tentant. »

Peut-on dire qu’il y a trois joueurs exceptionnellement doués actuellement qui dominent le tennis mondial ?

Patrick Haumont : « On a trois monstres du Tennis : Rafaël Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic. Ces 3 joueurs sont capables de tout gagner. Nadal est le plus fort sur terre battue. Federer est un des meilleurs sur gazon. Djokovic est très fort sur gazon aussi. Sur dur, c’est lui le meilleur. Mais on peut rajouter un quatrième joueur, Andy Murray. Il a vraiment pris de l’étoffe durant ce Wimbledon. »

Qu’est-ce qui fait que Federer a encore ce niveau, peut-il encore progresser ?

Patrick Haumont : « C’est la 17e victoire de Federer en Grand Chelem. Il a pris les devants et c’est ce qu’il fallait faire face à un Murray : oser.

Il doit continuer. Si on ne progresse pas, on recule. Il va être obligé de progresser s’il veut se tenir encore quelques années au niveau physique d’un Nadal.

Son avantage est qu’il se soigne bien. Il suit bien son programme. Cela fait 12 ans qu’il ne se brûle pas. On a vu Nadal se griller, être brisé à la fin d’un tournoi de Grand Chelem car il avait beaucoup joué. Federer ne joue pas trop. C’est sa grande force. Des sacrifices et un professionnalisme permanent. Le plus important chez un sportif professionnel c’est de gérer son temps libre.

De plus, une autre de ses qualités c’est d’être respectueux avec ses adversaires. On ne peut pas battre un champion comme Nadal, si on ne pense pas qu’il peut nous battre. »

Et pour nos belges : David Goffin, une belle surprise ? Kim Clijsters, le match de trop ?

Patrick Haumont : « Le succès de David Goffin n’est pas une surprise. C’est merveilleux oui mais pas une surprise. Les professionnels savaient depuis longtemps qu’à un moment donné, il allait monter dans le top 50. C’est une confirmation. C’est un garçon préparé depuis 8 ans par la fédération belge de tennis pour arriver à ce niveau.

Pour Kim, c’est peut-être la saison de trop. Cela fait plus d’un an qu’elle n’est plus capable de finir un tournoi sans se blesser. Physiquement elle n’était pas là. Elle a envie de faire les Jeux olympiques de Londres, peut-être pour finir en faisant un coup d’éclat. Soit aux Jeux, soit dans le tournoi qu’elle préfère, l’US Open. Elle est donc obligée de faire la saison qui précède. Mais pourquoi serait-t-elle physiquement apte dans 15 jours alors qu’elle ne l’est pas aujourd’hui ? On prend beaucoup de risques avec la santé de Kim.

Par contre, pour moi, le Belge qui fait le top aujourd’hui, c’est Xavier Malisse. Être dans le top 20 à 32 ans. Je lui tire mon chapeau.

C’est d’ailleurs une des plus Belles images des Belges cette année. Xavier Malisse qui s’accroupit les yeux chargés de larmes lorsqu’il se qualifie pour les huitièmes de finale en battant Fernando Verdasco, 16ème joueur mondial. »

Clémentine Delisse (St.)