« Après BHV, le sort du pays est entre les mains des Flamands »

Rédaction en ligne

vendredi 13 juillet 2012, 12:25

Le vote sur le premier paquet de la réforme de l’État devrait avoir lieu autour de 17h30 à la Chambre. « Si derrière la scission de BHV, il n’y a pas d’esprit de vivre-ensemble, cela ne peut pas marcher ». Le résumé du « 11h02 » avec David Coppi

Le vote sur le premier paquet de la réforme de l’État pourrait, dit-on, avoir lieu autour de 17h30 à la Chambre. La sixième réforme de l’État comporte, pour rappel, et entre autres : la scission de l’arrondissement électoral de BHV, la réorganisation de l’arrondissement judiciaire, le financement de la Région bruxelloise, l’émergence d’une communauté métropolitaine englobant Bruxelles, de nouvelles règles de désignation des bourgmestres dans la périphérie, des modifications dans les procédures de recours devant le Conseil d’État, un chapitre « renouveau politique » (notamment : les politiques siégeront à l’avenir dans l’assemblée pour laquelle ils ont été élus, sans marge de manœuvre), et une série d’améliorations pour le vote des Belges à l’étranger…

La majorité de huit partis votera compacte : PS, SP.A, MR, VLD, CDH, CD&V, Groen, Ecolo. La N-VA, opposée à la réforme, votera néanmoins en faveur du chapitre « Renouveau politique ». Laurent Louis a annoncé qu’il votera la réforme dans son ensemble.

Ce premier paquet de la sixième réforme de l’État enfin engrangé, il faudra s’attaquer au transfert de compétences du fédéral aux entités fédérées, et à la révision de la loi de financement de l’État fédéral, des Régions et des Communautés, les deux autres grands chapitres de la réforme institutionnelle. À réaliser avant la fin de la législature, mi-2014.

BHV, ça veut dire quoi déjà ?

« C’est l’acronyme qui empoisonne la vie politique et communautaire depuis déjà une dizaine d’années. C’est en grande partie à cause de ces trois lettres que nous avons eu plus de 500 jours de crise sans gouvernement. Avec in fine et de façon miraculeuse, la formation d’un gouvernement avec un accord et une réforme institutionnelle à la clé. BHV c’est l’arrondissement électoral au centre du pays, incorporant Bruxelles et une partie de la Flandres qui est une sorte d’anomalie positive vue du côté francophone. L’arrondissement à Bruxelles est plus large et incorpore des Flamands et des Wallons. La Flandre pousse depuis de nombreuses années pour que les arrondissements électoraux correspondent aux limites des provinces. »

Concrètement, qu’est-ce que cela va changer ?

« Les francophones qui se situent dans la région flamande ne pourront plus voter pour des listes bruxelloises comme auparavant, sauf pour les six communes à facilités qui sont les communes où il y a le plus de francophones. Dans ces communes, les gens auront le choix de voter pour des listes flamandes ou des listes bruxelloises. Il y a aussi une réorganisation de l’arrondissement BHV judiciaire. Le citoyen peut donc être défendu dans sa langue. Mais au-delà de cette première réforme il en restera deux grandes. Le transfert de compétence du Fédéral vers les entités fédérées, donc plus de compétences pour les Régions, de l’ordre de 17 milliards. Et aussi la loi de refinancement l’État et les régions avec plus d’autonomie fiscale pour les régions. Et à terme, des régions beaucoup plus autonomes. Cela devrait se faire avant la mi-2014 et la fin de la législature. »

Le problème est-il fini ?

« Si derrière cette scission il n’y a pas d’esprit de vivre ensemble, ça ne peut pas marcher. Il y a aussi toujours une possibilité que la Belgique éclate, notamment avec les enjeux des communales en octobre et aussi des régionales en 2014. Si l’électorat continue de voter massivement pour la N-VA, cet électorat aura sur la conscience la scission du pays. Mais l’éclatement du pays ne serait pas dommageable. »

David Coppi, Pierre Lambert (st.)