« Le prix immobilier résulte d'un simple rapport entre offre et demande »

Rédaction en ligne

vendredi 13 juillet 2012, 17:07

Est-ce encore le bon moment pour acheter ? Les prix de l'immobilier ont-ils atteint un sommet ? Eric Verlinden, le patron du groupe Trevi, a répondu à vos questions. Résumé du Chat.

« Le prix immobilier résulte d'un simple rapport entre offre et demande »

Comment se fixe le prix de l'immobilier ?

Pour Eric Verlinden, le prix de l'immobilier résulte principalement de la rencontre entre l'offre et la demande, et de l'ajustement entre ces deux acteurs. Les prix ne diminueront pas tant que la demande sera conséquente. En outre, le prix varie fortement en fonction des régions : déplacer le lieu de ses recherches est donc une solution pour acquérir un bien équivalent à un prix inférieur, alors même que les Belges bénéficient souvent d'espaces spacieux et proches de leur lieu de travail. Un changement de comportements quant à cette proximité entre le domicile et le travail est peut-être à questionner, pour pouvoir acheter le bien désiré à moindre coût. Les institutions bancaires influent, in fine, sur le prix immobilier, par la question de leur gestion comptable globale et de leur capacité à octroyer des prêts.

De quelle façon les Belges acquièrent-ils généralement leur bien immobilier ?

Près de la moitié des acquisitions de jeunes couples est réalisée grâce à l'aide pécuniaire de leurs parents. En outre, un taux d'apports personnels de 25 à 30 % est conseillé pour acheter sereinement. Le taux d'épargne en Belgique, élevé, est alors un levier important, quant à l'apport de capitaux personnels pour acheter. Le facteur de l'apport personnel tend à s'accroître, suite à la réforme bancaire internationale, dénommée accord Bâle III : les banques se doivent d'augmenter leurs fonds propres et leur capacité à octroyer des prêts diminue, imposant les ménages à devoir recourir à davantage de ressources personnelles. Pour Eric Verlinden, le marché serait capable de supporter cet effort, lui-même gage d'une plus grande stabilité pour l'ensemble des acteurs.

Quelle est la situation du marché immobilier belge comparativement à ses voisins européens ?

Le ratio entre le salaire brut et le prix moyen d'un appartement est, rappelle Eric Verlinden, fortement inférieur à la moyenne européenne. Ainsi, les Belges bénéficient de prix immobiliers nettement plus bas, alors que le coût de la vie et les salaires sont comparables dans le reste de la communauté européenne. Les investissements immobiliers sont dynamisés par des avantages fiscaux notoires, alors qu'ils sont remis en cause en France, sous la nouvelle présidence de François Hollande. En outre, l'indexation des loyers protège les propriétaires de l'inflation. Enfin, le système bancaire belge est plus sain, ayant réussi à éviter des bulles immobilières, contrairement à la situation espagnole où les banques ont prêté sans garantie suffisante.

Martin Cangelosi (St.)