« Le contrôle budgétaire n'aura pas d'impact négatif pour le citoyen »

Rédaction en ligne

lundi 16 juillet 2012, 12:53

Le gouvernement est à la recherche de 78 millions et de moyens pour la relance. « Mais, à 99 %, ça ne touchera pas au portefeuille du citoyen ». Bernard Demonty a répondu à vos questions dans le 11h02.

Pourquoi le gouvernement Di Rupo doit-il trouver 78 millions d'euros avant la rentrée ?

Bernard Demonty rappelle que le gouvernement a établi son budget en décembre 2011. « En raison de l'évolution de la situation économique, des ajustements sont régulièrement nécessaires. Car certaines recettes fiscales escomptées ont manqué, des dépenses supplémentaires ont eu lieu, et quelques mesures n'ont pas été calculées de manière optimale. » Toutefois, l'exercice reste relativement léger, comparativement aux ajustements budgétaires de décembre 2011 (11 milliards d'euros), et mars 2012 (3 milliards d'euros). « Les 78 millions d'euros seront alloués au remboursement de la dette. En outre, 36 millions d'euros supplémentaires sont nécessaires dans le cadre d'investissements prioritaires, notamment dans les domaines régaliens – police, justice ou pensions des pilotes de lignes. Le gouvernement vise à assurer l'équilibre budgétaire de 120 milliards d'euros, par des ajustements stricts, en l'absence de marges définies. » La transformation du « grand plan de relance » en « stratégie de relance étalée » résulte de cette gestion ténue. L'agenda prévu s'impose avant la rentrée, notamment pour ne pas déplacer ces mesures à 2013 : « Dès janvier prochain, un nouvel effort, compris entre 3,5 et 5 milliards d'euros, est prévu. »

Où les 78 millions nécessaires au bon équilibre budgétaire seront-ils ponctionnés ?

Bernard Demonty rassure le contribuable sur le fait qu'il ne sera pas mis à contribution quant à l'ajustement budgétaire. « Le contrôle budgétaire n'aura pas d'impact négatif pour le citoyen. Les 78 millions d'euros affectés au remboursement de la dette et les 36 millions d'euros d'investissements publics seront réalisés en faveur d'économies sur certains portefeuilles ministériels. Le Ministre du Budget, Olivier Chastel, s'est prononcé contre une hausse des taxes et impôts. Les élections communales d'octobre prochain et la perspective des régionales de 2014, avec la montée de la N-VA en question sous-jacente, freinent le gouvernement à augmenter les recettes budgétaires, et donc à définir une hausse de l'imposition. » In fine, les mesures annoncées concernent strictement une baisse des dépenses publiques, et une redistribution conjointe de l'allocation des moyens de l'État.

Quelle est la situation économique de la Belgique comparativement à ses voisins européens ?

Bernard Demonty précise que la Belgique reste dans une économie de crise, entamée en 2008. « Néanmoins, les paramètres économiques se sont, en 5 ans, fortement améliorés, et le tableau économique actuel est plutôt bon. La gestion budgétaire est plus saine que celle de la France ou des Pays-Bas : la Belgique se place en seconde position derrière l'Allemagne quant à sa balance comptable. Le taux d'emploi reste relativement solide, en s'appuyant sur un large tissu de PME productives. Toutefois, la situation économique belge est fortement conditionnée au dynamisme de l'Allemagne, en raison de l'importance des flux commerciaux et des exportations entretenues. »

Martin Cangelosi (St.)