Chat : « Davantage de moyens pour gérer la mendicité »

Rédaction en ligne

mercredi 18 juillet 2012, 15:49

« Donner ou pas donner, c’est à chacun de décider, mais ce qui est important, c’est une vision politique et des moyens pour nous permettre d’enrayer une exclusion grandissante » a expliqué Pascale Peraita, directrice du Samu social de Bruxelles.

Chat : « Davantage de moyens pour gérer la mendicité »

. La mendicité et sa potentielle interdiction reflètent un véritable problème de société. Existe-t-il toutefois différentes sortes de mendicité ?

Pascale Peraita (Samu social) : « Il y a effectivement deux types de mendicité. Une mendicité qui a toujours existé et qui est celle menée par des personnes aux abords des églises, des gares, des lieux publics et qui touche une population exclue. »

Il existe ensuite « une mendicité qui relève davantage de réseaux et de filières de traite des êtres humains. Nous parlons ici de criminels qui exploitent des enfants, des personnes handicapées, etc. Dans le seul but de faire de l’argent. Ces personnes ne sont d’ailleurs pas des personnes sans-abri. »

Comment empêcher le développement de ces réseaux et l’exploitation des plus vulnérables ?

« Il faudrait une politique de répression plus proactive en ce qui concerne la mendicité des enfants. Ceci permettrait également d’identifier les filières qui existent et de protéger les enfants et les publics fragilisés qui sont parfois enrôlés de force dans ces réseaux. »

Qui pourrait développer les moyens les plus efficaces pour lutter contre l’exclusion d’une partie de la population ?

« Lutter contre l’exclusion nécessite la mise en place de politiques, de mécanismes, d’outils et de méthodes pour aborder ces populations, leur apporter une aide et un accompagnement adaptés permettant de redonner du sens à leur vie. C’est ce que nous essayons de faire mais cela nécessite davantage de moyens. Ceux qui sont consacrés à la politique sociale sont de plus en plus faibles sous prétexte de crise et de rigueur budgétaire.

Il faut aussi que l’Union européenne adopte des sanctions et des mesures de protection pour des populations discriminées depuis des siècles. »

Quel rôle tente de jouer le Samu social dans cette quête ?

« Concrètement, outre l’aide répondant aux besoins fondamentaux de la personne, comme l’hébergement, les repas, soins, douches, etc, nous mettons en place un accompagnement psychosocial afin de définir avec la personne un projet de vie adapté et réaliste. Les personnes sont parfois tellement désocialisées qu’elles n’expriment plus aucune demande. Renouer le lien avec ces personnes fait également partie du rôle du Samu social. »

Résumé Laëtitia Pèpe (St.)