Tour : « Ce n’est pas la faute des oreillettes s’il n’y a pas de concurrence »

Rédaction en ligne

vendredi 20 juillet 2012, 13:10

« Froome n’est pas mis à l’écart, il est aussi fort que son chef de file, mais il a signé un contrat et doit respecter le fait de devoir suivre Wiggins ». Le résumé du chat avec Michel Dernies, directeur sportif de l’équipe continentale Wallonie Bruxelles-Crédit Agricole.

Tour : « Ce n’est pas la faute des oreillettes s’il n’y a pas de concurrence »

Un sport n’est-il pas compromis quand on ne laisse plus gagner le meilleur, sous prétexte de stratégie d’équipe ?

« L’équipe Sky a bien géré sa stratégie d’équipe en recrutant les meilleurs coureurs. Souvenez-vous de l’époque d’Eddy Merckx, il avait lui aussi la meilleure équipe à sa disposition.

Ce que l’équipe Sky a fait, ce n’est pas calculateur. L’équipe a été faite autour et pour Wiggins. Quand on signe un contrat, on doit le respecter. On voit très bien que Froome n’a aucun problème de rouler pour son chef de file. Il respecte son contrat et on voit que c’est un très bon professionnel.

Concernant la stratégie d’équipe, elle est faite avant la course. Les coureurs savent bien ce qu’ils doivent faire. On l’a vu hier, ce n’est pas l’oreillette qui a joué. Froome s’est retourné et a regardé son chef de file. Il savait qu’il devait l’attendre même sans oreillette, au sinon il ne se serait pas retourné. »

Faut-il interdire les oreillettes, tout simplement ?

« Peut-être pas. La communication avec un directeur sportif est toujours importante. Mais il y a toujours du pour et du contre l’oreillette. Pour les courses avec les jeunes, on n’a pas par exemple pas le droit aux oreillettes. Je pense que parfois il y a des messages à faire passer qui serait plus facile avec. Sans oreillette, le boulot est plus dense, il faut étudier beaucoup plus de paramètres en début de course. Or si on a les oreillettes, c’est plus facile pour parler avec ses coureurs.

Ce n’est pas grâce aux oreillettes que le peloton est comme ça. Au tour de Belgique, il n’y avait pas d’oreillettes et cela s’est passé exactement de la même façon qu’au Tour de France. Greipel a gagné trois étapes avec à chaque fois une échappée reprise près de l’arrivée.

Au final, ce n’est pas les oreillettes qui font la course, mais les coureurs. »

Qu’avez-vous pensé du Tour de France 2012 ?

« C‘est un Tour de France où la concurrence n’était pas assez présente, surtout de la part de l’équipe BMC. On attendait beaucoup plus de Cadel Evans. Il y a eu pas mal de choses qui ont fait que Wiggins s’est retrouvé seul en tête, notamment via les chronos.

Mais il faut aussi savoir que si les coureurs n’ont pas attaqué, c’est qu’ils ne savaient pas le faire. De l’extérieur on a toujours l’impression que c’est facile. L’exemple le plus frappant est celui de Cadel Evans qui a tenté d’attaquer, mais qui a perdu énormément de temps. Parfois il vaut mieux se contenter d’une troisième place que d’une cinquantième.

Pour la victoire finale dans ce Tour de France, on verra dans le chrono demain qui est vraiment le plus fort entre Wiggins et Froome. »