Le 11h02 : « Il y a des pays où l'on se bat vraiment pour le drapeau »

Rédaction en ligne

jeudi 26 juillet 2012, 12:29

Les athlètes belges interrogés sur leur motivation pour les JO évoquent leur fierté de représenter la Belgique. Pour notre journaliste, Philippe De Boeck, « le fait d'être dans une délégation peut favoriser ce sentiment de fierté, au moins devant les caméras. » Résumé.

Les athlètes belges sont-ils fiers de représenter la Belgique aux Jeux olympiques de Londres ?

« Apparemment, les sportifs sont des patriotes devant les caméras. Ce n'est pas nécessairement le cas derrière, sauf peut-être pour de grandes équipes, comme celles de hockey. Les athlètes ne sont sûrement pas les derniers, encore moins les seuls patriotes.

Il y a des pays où l'on se bat vraiment pour porter le drapeau. La ferveur nationale y est beaucoup plus présente qu'en Belgique. Par exemple, les Hollandais sont tous en orange. Pour les Français, il n'y a que la France qui compte. La Belgique est une terre moins chauvine, beaucoup plus ouverte, de par sa géographie, au centre de l'Europe. Je ne sais pas s'il existe réellement de consignes de la part du COIB, pour que les athlètes participent au rayonnement international de leur pays. Pas officiellement. »

Faire partie d'une même délégation permet-elle à la Belgique d'oublier ses conflits communautaires ?

« Outre le fait qu'un francophone ou un néerlandophone se considère d'abord comme belge, nous nous sentons, à l'étranger, plus belges qu'en Belgique. N'oublions pas que nous sommes le pays du surréalisme !

Ce n'est probablement pas le fait d'être dans une délégation qui favorise la fierté patriotique ; ceci dépend aussi de qui passe devant les caméras. Actuellement, la forte exposition médiatique des joueuses et joueurs de hockey peut donner cette impression générale.

En outre, les conflits communautaires se sont apaisés depuis l'an passé : BHV vient d'être scindée, la N-VA ne parle pas beaucoup, et nos politiques sont en vacances. L'été est calme. La situation aurait pu être différente il y a un an. »

L'équipe féminine nord-coréenne de football a refusé de jouer, alors que le drapeau affiché était celui de la Corée du Sud. Est-ce le premier incident diplomatique des Jeux olympiques ?

« La Corée du Nord est un pays politiquement particulier, en guerre permanente avec son voisin du Sud. Tous les athlètes ne sont pas aussi patriotes. Qu'auraient fait les Belges si notre drapeau avait été inversé avec celui de l'Allemagne ou si l'hymne joué n'avait pas été le bon ?

Aussi, il y a eu, et il pourra y avoir, d'autres incidents, notamment de dopage. Déjà, une athlète grecque a été disqualifiée suite à un tweet raciste. Un scandale interviendra quand un nombre important d'athlètes d'une même délégation aura été écarté des jeux. Mais qu'est-ce qu'un grand scandale ? Difficile à dire.

En outre, il est dommage que le CIO ne reconnaisse pas certains pays, ne siégeant eux-mêmes pas à l'ONU, du fait de conflits diplomatiques, et que 3 athlètes aient à défiler sous un drapeau blanc. Néanmoins, les JO sont d'abord du sport, et les fanions ne viennent qu'en deuxième lieu.

Enfin, la flamme olympique qui sera portée par Monsieur Mittal, ayant offert une tour d'acier d'une valeur de 25 millions d'euros à la ville de Londres, fait polémique, et pose question quant à la charte olympique. Les travailleurs de l'usine de Liège considèrent ceci comme regrettable.

Les JO sont aussi une question d'argent et de sponsoring. Au-delà de l'événement sportif, il se passe beaucoup de choses discutables autour, à l'instar de l'installation du plus grand restaurant McDonald, au centre même du village olympique. »

Martin Cangelosi (St.)