« @valtrier et si on arrêtait le ridicule » ?

BEATRICE DELVAUX

mercredi 13 juin 2012, 11:23

@beadelvaux : « Chez François #Hollande, tout est normal. Sauf sa femme@valtrier » #falorni #royal #quellemmerdeuse

Vous êtes « juste » président de la République. Vous avez trouvé le filon de la mort qui tue, balancé tel un coup de crosse sur la tempe de votre bling-bling d'adversaire pendant la campagne – et tiens ! prends « la normalité » sur ta gauche, et tiens ! prends « la République exemplaire » sur ta droite. Vous avez pensé à tout : les feux rouges, les trains en deuxième classe, les costumes aux deux manches de même longueur, la photo genre champêtre. Vous ne montez sur aucun yacht de milliardaires. A peine nommé, vous ne dormez même pas vos premières nuits dans un lit à baldaquin mais dans des avions qui filent, vaillants, vers l'Allemagne, les Etats-Unis et même, oui, l'Afghanistan ! Vous vous payez stoïque des pluies torrentielles et même, oui, la foudre ! Bref, vous vous jouez des éléments qui se déchaînent, vous osez les mots qui fâchent devant Merkel-qui-rigole-pas-avec-ça (relance-obligations européennes). Et bardaf, votre femme prend son Blackberry et/ou son iPhone et en trois coups de « poucette » vous balance la mégaballe dans le pied ! P…@ ! grrr-(… Valérie !

Cher François Hollande, on ne veut pas vous décourager, mais cinq ans comme ça, ça ne va pas le faire. Pauvre de vous qui pensiez avoir tout vu dans la rubrique « people » avec un certain Nicolas S. Malgré vous, vous croyant intrinsèquement immunisé – vous le prude, vous le discret – contre ces histoires d'alcôves, vous voilà exposé après même pas un mois de présidence, dans le plus ridicule des vaudevilles.

Car, au fond, Sarkozy avait fait mieux : ses histoires de couple en plein divorce, de femme qui vous trompe et porte les bijoux de son amant aux dîners officiels, n'ont été véritablement connues et confirmées qu'au bout de son mandat. Cécilia, désormais, c'est du pipeau face à cette bombe de Valérie qui, en bonne professionnelle de la com, nous fait vivre l'affaire en direct, version numérique SVP. Une toute grande !

Chère Valérie Trierweiler, redevenons sérieux. Depuis des semaines déjà, vos interventions, vos revendications commençaient sérieusement à agacer. Franchement, que vous soyez à l'aise ou pas avec le titre de première dame, que vous estimiez que de gérer la lingerie de l'Elysée est au-dessous de vos compétences, que vous souhaitiez de manière obsessionnelle poursuivre votre carrière de journaliste, nous est… équilatère. A force de vous entendre en interviews ces derniers jours nous prendre le chou avec votre CV, on finissait, avec les « Guignols » par nous demander : « Mais qui est cet homme si affairé au sort la France et de l'Europe derrière cette brune à talons hauts ? » Vous en êtes devenue l'évaporée et la superficielle que vous ne vouliez pas être, à force de tant réclamer de ne pas être confinée à ce profil étroit.

Qu'il y ait un problème de statut pour la première dame : OK. Que vous vous interrogiez sur ce que vous allez devenir une fois cette aventure élyséenne terminée, OK. Que vous ne vouliez pas exposer vos fils à cette aventure meurtrière du pouvoir, bravo !

Mais bon sang, travaillez à des solutions pour ce statut et sauvez les épouses de tous les diplomates que porte cette terre depuis votre bureau, à l'ombre de votre cabinet. Et épargnez-nous votre délire existentiel !

Ce n'est pas féministe ? Mais si bon sang ! Sous le prétexte de revendications professionnelles, Valérie Trierweiler fait du tort à la cause des femmes d'une part et des journalistes d'autre part. Virez- nous les Trierweiler qui règlent leurs comptes avec leur rivale par tweets interposés, les Sinclair qui roulent en Jaguar vers les meetings de leur socialiste de mari, les Pulvar qui montent sur les podiums politiques de Montebourg comme elles enfourchent les plateaux télé et rendez-nous les Hillary Clinton ou Madame – je ne sais même pas son prénom – Verhofstadt.

Non, on ne peut décemment pas être journaliste ET femme de président. (Et c'est une femme journaliste qui vous le dit.) Surtout lorsque comme Mme « La première gaffe », on revendique son indépendance en même temps qu'on écrit des SMS à une collègue de Paris Match qui avait osé citer Thomas comme le fils du couple Royal-Hollande : « Thomas est le fils de l'ex-couple Royal-Hollande. A quoi joues-tu ? »

Ah, mais on nous dit que Mme Trierweiler serait malade ; une affection grave qui expliquerait ses poussées de rage, ses « embrasse-moi sur la bouche » à son président de compagnon. Elle souffrirait du « syndrome de Rebecca ». Mais oui, comme dans le roman de Daphné du Maurier. Autrement dit, Valérie serait… jalouse. Lors d'un dîner mondain récemment, un connaisseur que nous interrogions : « Valérie Trierweiler, n'est-elle pas un problème pour Hollande président ? », leva les yeux au ciel et, résigné, eut cette phrase au machisme magnifique : « François, il est toujours tombé sur des emmerdeuses. » Concluant : « Cette femme n'est pas bien dans sa peau. »

Pourrait-on suggérer à Mme Trierweiler, par ailleurs compagne d'un président de la France qui a des gros gros problèmes urgents à gérer, qu'elle les règle ailleurs que sur Twitter ? SVP.