Le ROI n’a pas oublié les demandes de l’electeur

Luc Van der Kelen

lundi 30 août 2010, 08:15

Editorialiste Du « LAATSTE NIEUWS »

Onze semaines après les élections, ce pays est à nouveau dans l’impasse. La cause : les francophones ne font pas confiance à la N-VA et la N-VA ne fait pas confiance aux francophones. Et pourtant, les électeurs flamands et francophones ont donné un signal, ont poussé un cri pour qu’enfin les problèmes communautaires soient résolus. Des analystes ont ajouté à cela : « sans faire trop de concessions ». Mais ce second élément était d’une moindre importance.

C’est dans ces circonstances que Bart De Wever d’abord, Elio Di Rupo ensuite se sont mis au travail, s’appuyant sur la volonté commune de saisir la chance historique d’arracher un grand accord. On allait en finir avec ces petits jeux politiciens qui ont fait perdre trois ans au pays et harassé tout le monde. Le signal de l’électeur était en outre si fort, si massif que les deux protagonistes n’avaient pas d’autre choix que s’entendre.

Mais après 77 jours, une conclusion s’impose : ils n’y sont pas parvenus. Aurait-on déjà oublié le signal de l’électeur ?

Elio Di Rupo a fait l’impossible et a déposé des propositions sur la table, qui allaient très loin pour le sud du pays. S’il y avait un doute, il fallait plutôt le chercher du côté du CDH de Joëlle Milquet et de sa position sur Bruxelles. Sur BHV aussi, Elio Di Rupo a donné bien plus que ce qu’on aurait pu imaginer, avec la ferme volonté de déboucher sur un accord. Les compensations aux francophones sont marginales, comparées aux exigences de certains partis avant les élections.

On ne comprend pas pourquoi personne ne fait confiance à Di Rupo. Durant toute sa carrière, son engagement n’a pas faibli. On peut ne pas être d’accord avec ses opinions, mais une chose est sûre, avec Di Rupo, une parole est une parole.

Le fait est que les caractériels de la N-VA éprouvent de grandes difficultés avec quelques phénomènes périphériques à BHV, comme la nomination des trois bourgmestres FDF. On se demande de plus en plus qui dirige la N-VA ? De Wever en est-il le leader ou le souffre-douleur ?

Elio Di Rupo vient de recevoir du Roi une deuxième chance. Tout le monde doit être bien conscient qu’il s’agit de la dernière.