Poussée flamande, pour ceux qui en doutaient
DAVID COPPI
mardi 29 mars 2011, 05:25
DAVID COPPI
mardi 29 mars 2011, 05:25
Il est généralement jugé opportun d'estimer que la Flandre n'est pas toute nationaliste et droitière, qu'elle n'est pas un bloc. Nombre d'observateurs au nord invitent régulièrement leurs homologues francophones à la prudence et à la nuance. On les entend, on les écoute, on ose croire qu'ils ont raison. Mais le doute est là, forcément. Le fait est que la moitié du corps électoral flamand (additionnant N-VA, Vlaams Belang et Dedecker) se positionne sans ambiguïté : ce fut le cas lors des législatives de 2010 ; et c'est l'enseignement du sondage La Libre-RTL-TVi, qui amplifie le phénomène pour autant, évidemment, qu'une enquête d'opinion puisse jamais traduire ou confirmer une « tendance ».
A ce stade, voyons donc les choses en face, simplement. La N-VA est bien ce parti ancré électoralement, qui garde un potentiel d'expansion, relativement épargné au nord, et qui se nourrit ni plus ni moins des coups fourrés commis au fédéral. Plus elle bloque, plus elle gagne !
Quant au CD&V, il est perçu à raison, notamment en vertu de son poids dans l'histoire politique du pays (l'ex-CVP ), comme l'autre parti-clé au nord, celui dont l'attitude peut modifier la donne au fédéral.
Mais voilà : il est surtout aujourd'hui un parti affaibli, secondaire (sauf, on l'a écrit, en termes de portefeuilles ministériels, où ça va, merci : Premier ministre, ministre-président, président européen ), et louvoyant loin derrière Bart De Wever.
Déprimant ? Négatif ? Un peu. Mais là toujours, voyons les choses en face, froidement. Pour ceux qui en doutaient, nous avons bien affaire à des partis qui poussent à une toute grande réforme de l'Etat, à beaucoup d'autonomie pour la Flandre, à une étape qui, institutionnellement, nous porterait pas loin de la scission.
Au fait : 289 jours plus tard (rapport au record du monde sans gouvernement de plein exercice), l'opération « place des frites » ce mardi, happening ludique qui dénonce les ruptures de solidarité dans le pays et plaide l'harmonie entre citoyens, aurait tort de mettre tous les partis, nord et sud, dans le même paquet. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant.