L’heure de vérité, pour Di Rupo, et tous les autres
VERONIQUE LAMQUIN
lundi 04 juillet 2011, 08:58
VERONIQUE LAMQUIN
lundi 04 juillet 2011, 08:58
Plus d’un an après les élections, la Belgique aborde, enfin, l’épreuve de vérité. Ce lundi, le formateur déposera entre les mains du Roi, des présidents de parti, de la presse et des citoyens, sa note. En plus de cent pages, Elio Di Rupo y expose sa vision de la sixième réforme de l’Etat, ses propositions d’assainissement durable des finances publiques, son projet pour notre société.
Ce sera d’abord l’heure de vérité pour le président du PS. Soit il présente un texte qui est à l’évidence trop francophone, trop socialiste. Démonstration aura alors été faite que les francophones n’ont toujours pas mesuré le prix à payer pour préserver encore un peu de Belgique ; que le président du PS n’a pas l’étoffe d’un Premier ministre.
Soit Elio Di Rupo fait preuve de courage et propose un pacte communautaire ambitieux, qui dessine une Belgique totalement remodelée mais viable, et des réformes socioéconomiques majeures, qui bousculent les tabous de la gauche et de la droite. On fait le pari que c’est bien cela que dévoilera le formateur. Parce que c’est le seul moyen d’éviter à notre pays la scission ou la catastrophe économique.
Mais c’est alors qu’on entrera dans l’épreuve de vérité. Car un projet équilibré sur les plans socioéconomique et communautaire fera mal à tout le monde. Si la note est audacieuse, chaque parti y trouvera des arguments de vente électoraux, mais aussi des sujets qui lui sont tabous. C’est le prix à payer pour la Belgique. Il ne sera en effet pas possible de signer un pacte communautaire, pour dix ans au moins, qui satisfasse pleinement la N-VA et le CDH. Pas plus qu’il ne sera possible d’assainir les finances publiques sans faire mal au PS et au MR. C’est tout le sens du légendaire compromis à la belge, de notre art subtil des coalitions. De tout temps, cela réclame du courage politique. Mais il en faut davantage encore quand on est à la veille d’une cure d’austérité et d’une rénovation en profondeur de l’architecture institutionnelle.
Ce lundi, on sera fixé sur le courage politique du formateur. Dans les prochains jours, on devrait voir clair dans le jeu des partis. Sont-ils animés d’une volonté de conclure un accord ou visent-ils les élections, voire la scission du pays ? Les masques devraient enfin tomber.