Elio versus Bart, c'est pas gagné !

BEATRICE DELVAUX

lundi 12 mars 2012, 05:54

éDITOrialiste en chef

Elio Ier a rempli sa mission. Le budget est bouclé et les Belges ne vont pas en souffrir, ce qui relève de la prouesse par les temps actuels. Alors, pourquoi ce sentiment que « ça ne va pas le faire » ? Regardez notre sondage, surtout les courbes des intentions de vote au nord du pays. Ceux qui ont pris leurs responsabilités ne sont pas récompensés, ou si peu, et tout profite à celui qui est au balcon. La N-VA engraisse au rythme où son président rétrécit !

Bart contre Elio : c'est « la » stratégie du parti nationaliste pour les élections de 2014. Là où ce gouvernement remplit son contrat mais dans la peine, la complexité, le doute – quelle est la magie de cette austérité indolore ? –, alors que le PS est hyperdéfensif et n'engrange rien (impôt des sociétés, etc.), De Wever oppose un (vieux) discours, exposé avec un talent insupportable au Standaard ce week-end : « Le premier mot de Di Rupo à son premier sommet européen ? “Solidarité“. Si j'avais eu le GSM de Merkel, je lui aurais envoyé un SMS : “Achtung. Il veut faire de l'Europe, la Belgique.“ » Caricatural, mais efficace au Nord.

Son plan d'attaque est diabolique car opérationnel cette fois : 1 – La N-VA se présentera en 2014 avec le confédéralisme comme seul programme, plus vendable que l'indépendance – impossible à réaliser et rejetée par les Flamands – et qui pourrait même séduire certains Wallons. 2 – Elle se donne 2013 pour élaborer cette fois un plan précis pour l'avenir de Bruxelles et la sécurité sociale dans ce confédéralisme.

« La Flandre, c'est moi » : voilà l'objectif de « poids » que s'est fixé Bart De Wever. Pour faire en sorte que le résultat de la N-VA en 2014 impose le confédéralisme au pays comme s'il s'agissait d'un référendum. A 38 % des intentions de vote – autant à elle toute seule que tous les autres partis démocratiques flamands ! –, elle y est déjà quasiment. On ne voit pas aujourd'hui ce qui pourrait l'arrêter, mais pas davantage quelle autre tactique Di Rupo Ier pourrait adopter.

De Wever n'est pas au gouvernement mais il pèse plus que jamais sur le destin du pays.