Stib : après l'urgence tout reste à faire

VERONIQUE LAMQUIN

mardi 10 avril 2012, 06:27

Un fait divers dramatique, une réunion au sommet, une série de mesures arrêtées dans l'urgence… La séquence de ces trois derniers jours en rappelle d'autres, en particulier l'émoi et les décisions qui ont suivi la mort de Joe Van Holsbeeck.

Bien sûr, les femmes et hommes politiques du Royaume se devaient d'apporter une réponse rapide aux travailleurs de la Stib, légitimement éprouvés par la mort d'un des leurs. Et, certes, accordons à Joëlle Milquet et Charles Picqué le crédit de ne pas avoir improvisé, en trois jours, toutes les décisions : la ministre de l'Intérieur et le ministre-président bruxellois planchaient sur la sécurisation des transports en commun bruxellois depuis plusieurs semaines.

Mais leur rôle ne peut s'arrêter lorsque le réseau de transports bruxellois redémarrera. Bien au contraire. La mort d'Iliaz Tahiraj a cruellement souligné ce que dénoncent depuis de longs mois les 6.500 membres de la Stib. Eux qui, au fil des jours, encaissent si souvent la violence verbale, trop souvent la violence physique. Non, Bruxelles n'est pas devenue la capitale mondiale de l'insécurité. Mais, oui, comme dans d'autres grandes villes, les relations se sont tendues, l'agressivité s'est installée, la violence s'est implantée. Et ces chauffeurs, superviseurs, contrôleurs de la Stib qui sont contraints de se rendre dans les quartiers difficiles, aux heures sensibles, qui n'ont pas le choix de l'évitement, subissent l'évolution d'une ville en pleine mutation. Bruxelles n'échappe pas aux phénomènes urbains. Mais, de surcroît, elle les encaisse sur fond de boom démographique (200.000 habitants de plus en dix ans sans compter les flux migratoires concentrés sur notre capitale), de crise économique (35 % de chômage dans certains quartiers) et de difficultés budgétaires (malgré le refinancement). Pas facile, dans ce contexte, de lutter contre la fracture sociale, de récupérer des groupes et des quartiers à la dérive, d'améliorer la sécurité, l'enseignement, la mobilité, la qualité de vie. Ce sont ces enjeux-là auxquels, dès demain, il faudra s'atteler,

avec la même détermination que celle déployée en ce week-end pascal. Car, pour éviter un nouveau drame, c'est sur tous ces fronts qu'il faut agir. Vite.