Anvers nous concerne désormais

BEATRICE DELVAUX

mardi 24 avril 2012, 06:35

Éditorialiste en chef

Il y a plus que du sport et de la diététique dans l’image de cet homme qui, après avoir pesé 140 kilos, court le « Ten Miles » d’Anvers en 2 h 06. Il y a plus que du symbole dans la déclaration de cet homme qui à l’arrivée, prononce : « Que je puisse faire ceci, prouve que je suis sur la bonne voie. » Bart De Wever est là, plus que jamais, démontrant concrètement, comme il le dit, qu’il a plein de défauts mais pas le manque de volonté. Pour ceux qui en doutaient, sachez qu’il est extrêmement déterminé et s’avance à nouveau sur le chemin de la conquête. La conquête de son poids de forme mais surtout celle d’une ville, Anvers, qui peut lui servir de tremplin pour la Région flamande comme pour le pays, s’il la ravit au socialiste Patrick Janssens en octobre prochain. Qu’on ne s’y trompe donc pas : De Wever, candidat aux communales à Anvers, ne veut en aucun cas dire qu’il abandonne son destin flamand et son rêve indépendantiste, rebaptisé « confédéraliste ». S’il arrive à emporter cette ville, que ses habitants mais aussi nombre de Flamands considèrent comme leur véritable capitale, le bourgmestre de la plus grande ville et président du plus grand parti de Flandre, investira un bastion qui 1) assiéra sa légitimité politique par l’exercice de responsabilités ; 2) lui servira de tremplin politique pour l’échelon régional et national.

Il a donné le ton, ce week-end : ce qui ne va pas à Anvers – immigration, chômage, trafic – est soit la faute à Bruxelles, siège du gouvernement fédéral (politique d’asile, perte de compétitivité), soit de la Place des Martyrs, siège du gouvernement flamand (politique de mobilité). Octobre 2012 n’est donc pas un arrêt dans sa marche vers 2014 et les élections régionales et fédérales.

Il faut le reconnaître : en se lançant à l’assaut de cette ville monumentale, Bart De Wever ne joue pas petit braquet. Au contraire, il assume ses responsabilités, prend un risque et s’expose. C’est à son crédit. Anvers, elle, devient le point d’intérêt central des communales, transformant un scrutin local en une sorte de test à impact national avant la lettre.

L’avenir du pays n’attendra pas 2014 pour se rejouer : il fera une étape clé cet automne au bord de l’Escaut.