François Hollande attendu à Athènes (de toute urgence)

MAROUN LABAKI

mardi 08 mai 2012, 06:40

Pendant que les Français élisaient François Hollande, les Grecs disaient massivement « non », dimanche, à l’austérité imposée à leur pays par l’Union européenne et le FMI. Toute personne normalement constituée peut approuver la remise en ordre des finances publiques de son pays, rationnellement, et en même temps refuser de voir son salaire ou sa pension raboté de 20 %. C’est humain.

Cette cure d’austérité était-elle juste ? Touchait-elle les vrais responsables des magouilles grecques, du désastre grec, ou seulement le « menu fretin » ? Ces questions, qui plus est, étaient légitimes. Enfin, nombreux sont ceux qui proclamaient, en Grèce et ailleurs, que le remède tuait le malade « à feu doux », précipitant l’économie grecque dans une spirale sans nul espoir.

Les Grecs, cependant, n’ont dit « non » ni à l’euro ni à l’Europe.

Il faut prendre acte du résultat de leurs législatives, le respecter comme chaque expression de la démocratie, et se garder de toute stigmatisation de la Grèce ou des Grecs – ce dernier conseil valant essentiellement pour les Allemands et les autres « Triple A » de la zone euro…

Il faut surtout s’atteler à la recherche d’une issue ! Depuis deux ans, on nous répète que la Grèce doit rester dans la zone euro, dans l’intérêt de la Grèce, tout autant que dans celui de la zone euro. Tenons-le pour acquis. Il n’est d’autre issue, dès lors, que la renégociation des termes de l’austérité imposée à la Grèce, du « mix » discipline-solidarité voulu par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, son junior partner maintenant congédié. Il faut être deux pour danser le tango : chaque partie devra y mettre du sien.

François Hollande candidat a abondamment critiqué l’austérité à tout crin. Il a souvent aussi évoqué le cas grec comme un contre-exemple de solution.

Que le nouveau président français s’empare à présent du problème grec ! Qu’il nous montre, au-delà des formules qui flattent l’oreille, ce qu’il a dans le ventre ! La Grèce et l’Union lui sauraient évidemment gré de toute initiative. Et il pourrait ainsi, dans l’hypothèse d’un succès, asseoir très rapidement l’autorité internationale qui lui fait encore défaut.