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BEATRICE DELVAUX
samedi 12 mai 2012, 09:42
BEATRICE DELVAUX
samedi 12 mai 2012, 09:42
Et en Belgique, comment ça va ? » La question émanait cette semaine d'un journaliste français. Notre réponse ? Un blanc. La Belgique ? Depuis quelques semaines, nous avions l'impression d'avoir voté deux fois, d'avoir débattu de l'opportunité d'engager 60.000 fonctionnaires, de nous être écharpés sur les anaphores, au point d'en oublier que nous n'étions pas français ou uniquement par procuration.
Et donc, comment se passent les choses au pays ?
Activement. En silence, dans une difficulté presque endémique de bien communiquer sur l'avancée de ses travaux, le gouvernement Di Rupo abat l'un après l'autre les dossiers et les réformes. Et remplit son austère devoir. Le plan de lutte contre la fraude fiscale et sociale divulgué ce vendredi est ambitieux. Il succède aux mesures d'austérité, au réajustement budgétaire, à la réforme des pensions, au plan sécurité, à la réforme du chômage, à la mise à l'examen des mesures composant la réforme de l'Etat. On peut ne pas être d'accord avec le contenu, mais on ne peut pas contester que c'est du lourd. Sauf du côté Justice, qui fait fortement tache dans ce tableau des résultats, le gouvernement Di Rupo remplit un à un les objectifs fixés. Même sur l'imprévu, le gouvernement, et Di Rupo en particulier, est sorti par la grande porte de la tuerie à Liège ou de l'accident de bus à Sierre.
Ils n'en ont pas pour autant fini : il reste tout autant à abattre dans les mois qui viennent : relance, nucléaire, SNCB, salaires des patrons
Mais régler les dossiers, et réaliser la réforme de l'Etat, est la seule manière pour les partis au pouvoir de préparer l'échéance électorale de 2014 et d'espérer pouvoir y mettre en échec la N-VA.
Si l'on en croit le dernier sondage sorti (RTBF La Libre), qui donne la N-VA à 38,6 %, c'est loin d'être gagné pour ces partis. Certains Flamands du gouvernement estiment même que rien ne pourra réussir à combler ce manque irrationnel et émotionnel qui a émergé au nord du pays et que seul Bart De Wever semble dans l'instant satisfaire.
Mais peu importe le doute sur l'efficacité finale de cette marche forcée : elle est indispensable. Il faut montrer que, pendant que certains passent leur temps à critiquer, d'autres agissent.