Georges Leekens, l’exemple du football moderne
CHRISTOPHE BERTI
lundi 14 mai 2012, 05:59
CHRISTOPHE BERTI
lundi 14 mai 2012, 05:59
C’est un véritable séisme qui a secoué le football belge ce dimanche avec la triple annonce du départ de José Riga de son poste d’entraîneur du Standard, d’Ariël Jacobs de celui d’Anderlecht et, surtout, du « transfert » de Georges Leekens de l’équipe nationale vers le FC Bruges, où l’Allemand Christoph Daum a salué son monde après un tout petit tour à peine.
Des trois annonces, c’est évidemment celle de Georges Leekens qui crée la polémique. Et pour cause : pendant des mois, il a clamé sur tous les toits qu’il aimait cette équipe nationale, il lui promettait un avenir radieux, une qualification pour le Mondial brésilien de 2014 et, pendant la crise gouvernementale, il était apparu comme l’un des ultimes bastions de l’unité nationale, le dernier des Mohicans qui avait réussi l’exploit – à défaut d’obtenir une qualification sportive pour l’Euro 2012 – de réunir à nouveau les Diables rouges et le public belge, en froid depuis une décennie. Leekens fédérateur absolu, Leekens ciment de la Nation, Leekens et l’image de la Belgique jeune, sympa et, éventuellement, gagnante.
En un dimanche du mois de mai, Georges Leekens a effacé tout cela en paraphant un contrat de trois ans au Club brugeois, ramenant les doux rêveurs à la dure réalité : oui, Leekens aime l’équipe nationale, mais dans le fond, il préfère encore l’argent…
D’un côté, c’est son droit le plus strict et c’est la loi moderne du sport devenu un grand business : l’offre et la demande, tout simplement. D’ailleurs, pour les initiés, la surprise n’est pas complète. Leekens n’a quasi jamais terminé un contrat et son premier geste, quand il se lie à un club ou à une fédération, c’est de négocier le montant de la clause qui lui permettra de se vendre, tôt ou tard, à un plus offrant. Mais d’un autre côté, le cirque qu’il nous inflige à chaque retournement de veste, en parlant de projet sportif et d’amour du maillot, ce cirque, il fait un mal terrible au sport roi du pays. Georges Leekens n’est qu’un exemple de ce qu’est devenu le football aujourd’hui : du cynisme et du vent. Son exemple le plus criant, mais un parmi d’autres, seulement. Dans ce milieu-là, un seul homme est fidèle (et c’est pour cela que le système tient encore debout) : le supporter.