Le bâton, mais pas sans la carotte
BEATRICE DELVAUX
jeudi 31 mai 2012, 06:35
BEATRICE DELVAUX
jeudi 31 mai 2012, 06:35
Il n'est pas midi moins cinq mais midi plus cinq pour l'Europe. Guy Verhofstadt le proclamait hier, poursuivant son travail de conscientisation sur la nécessité de solutions de fond et sans tabou pour sauver durablement l'Europe. Poussant avec d'autres la Banque centrale à agir d'urgence, et les chefs d'Etat et de gouvernement à faire de leur énième sommet de fin juin, un véritable moment décisif pour mettre véritablement l'Europe sur la voie d'un plus grand fédéralisme et de la relance.
Il est midi plus cinq. Et cette fois il ne suffit plus de pointer les Grecs du doigt. Ce sont les Espagnols qui sont à la dérive et doivent d'urgence à leur tour remettre de l'ordre dans leurs déséquilibres, comme le leur enjoignait hier la Commission.
Il y a comme une légère provocation dans ces rapports et recommandations diffusés par la Commission qui s'acquitte aujourd'hui avec implacabilité de sa mission de surveillant en chef des grands équilibres macroéconomiques des pays membres. Car on se dit que cette supervision et ses rappels à l'ordre, longtemps négligés, auraient été tellement déterminants lorsqu'il était jouable de les mettre en uvre.
Il faut bien entendu rappeler les Espagnols à leurs devoirs. Mais cela frise un brin le cynisme alors que leurs banques sont au bord du gouffre et qu'un sentiment d'urgence proche de la panique s'empare de la population.
Restaurer les équilibres certes, mais l'Espagne a besoin aujourd'hui d'aide immédiate et d'un soutien urgent autant que de leçons de bonnes murs financières et économiques.
Les recommandations diffusées hier pour les pays de la zone euro, dont notamment la Belgique, n'ont de sens et de validité que si elles s'intègrent dans un ensemble plus vaste et cohérent, où rigueur et relance s'allient et se complètent. Et où, en attendant la mise en uvre des mesures structurelles ou pour rendre tolérables les mesures d'assainissement, on assure aux pays en état d'urgence un ballon d'oxygène et d'éviter le gouffre.
L'Europe ne sauvera sa peau que si elle complète son plan d'attaque. Qui ne peut être seulement répressif mais se doit d'être prospectif.