Assez de demi-mesures, l'Europe doit agir

DOMINIQUE BERNS

jeudi 07 juin 2012, 07:12

Assez de tergiversations, assez de déclarations contradictoires, assez ! L'Europe doit annoncer très vite

un plan crédible face à la

crise de la zone euro.

Le président américain et le Premier ministre britannique ont raison. Voilà trop longtemps que l'Union et les grands États tournent autour du pot, accusent les Grecs de tous les maux, ferment les yeux face à la crise bancaire espagnole et laissent la panique pousser les taux d'intérêt des pays périphériques à des niveaux insoutenables.

Les dirigeants européens ont peu de temps, trois mois peut-être, pour corriger leurs erreurs et inverser les tendances actuelles. Le 29 juin, lors du sommet, ils ne pourront se contenter d'une feuille de route balisant l'introduction, plus tard, d'euro-obligations et la création d'une future « union bancaire ».

C'est tout de suite qu'ils doivent prendre des mesures fortes et crédibles permettant de désamorcer – enfin ! – la crise. Il n'y a pas trente-six solutions. Il faut résoudre simultanément la crise bancaire et la crise des dettes souveraines, qui se nourrissent mutuellement.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit voir le jour en juillet, devra donc venir directement au secours des banques en difficulté.

Et d'abord en Espagne. Pour briser le cercle vicieux entre dette publique et sauvetage des banques.

Il faut également, et de manière tout aussi urgente, dénouer la contrainte de financement des États. Soit en faisant intervenir massivement la Banque centrale européenne (BCE). Soit en dotant, dès sa naissance, le MES, le fameux pare-feu, des moyens suffisants pour stopper l'incendie – disons 2.000 milliards d'euros, au lieu des 500 milliards prévus (qui ne seraient portés à 800 milliards que d'ici à 2014). Et lui conférer le statut bancaire, afin qu'il puisse lui aussi se refinancer auprès de la BCE au taux préférentiel de 1 % consenti aux banques privées.

Il n'est pas possible que l'Allemagne se finance presque à zéro pour cent et que l'Espagne et l'Italie doivent payer plus de 6 %. Rien ne le justifie. Pire : ces différentiels de taux ont atteint des niveaux de rupture, qui, reflétant la crainte d'une désintégration de la zone euro, poussent simultanément vers celle-ci.