Président ad interim du PS : c'est pas un job

BEATRICE DELVAUX

samedi 09 juin 2012, 10:21

éditorialiste en chef

Président du Parti socialiste ad interim. Voilà qui sentait déjà les embrouilles lorsque ce fut annoncé.

Et voici que quelques mois plus tard, ce truc – et (grosse) ficelle – est déjà passé du stade de « c'est pas la bonne idée » à « c'est un très gros souci. » Pour celui qui a monté et validé le scénario bidon (Elio Di Rupo) comme pour celui qui l'a accepté (Thierry Giet). Ce dernier paye cher son dévouement car au fond, c'est de cela qu'il s'agit dans son cas : servir de cache-sexe à Elio Di Rupo (toujours patron du PS sans devoir l'assurer dans la pratique) pour ensuite retourner d'où il venait, voire un peu plus haut pour services rendus.

Mais tout dans cette désignation sentait les circonstances, son profil très éloigné des canons requis pour faire un président du Parti socialiste, ses origines liégeoises non liées au clan en place, sa personnalité affable de serviteur fidèle et non de bête de pouvoir, son ambition limitée à l'acquittement de sa tâche.

Président du parti socialiste, c'est un job à temps plein, à exercer absolument. Sous peine de gros soucis. La preuve en avait d'ailleurs été faite d'emblée. N'était-il pas à peine désigné que Thierry Giet se faisait dézinguer depuis le Chili par son collègue socialiste, le Liégeois Jean-Claude Marcourt, affirmant haut et fort que cette comédie ne pouvait durer que jusqu'aux élections communales ?

Et voilà Giet à peine assis que déjà pourvu d'un siège éjectable.

Le calcul officiel de Di Rupo – conserver les rênes du parti et ne pas ouvrir une guerre de clans à travers une guerre de succession – a déjà échoué. Car, sans guide reconnu, le parti s'est déjà déchiré sur les devenirs wallon et bruxellois, sur son franc-parler face au gouvernement. Or des décisions doivent être prises, dans l'intérêt du parti et de l'espace francophone. Il lui faut ainsi une tête de file wallonne (et pas le duo fratricide Marcourt-Demotte), il lui faut un bourgmestre à Charleroi (et pas le duo bidouillé Magnette-Massin), il lui faut un nouveau chef de file à Bruxelles (qui va succéder à Charles Picqué ?).

Ces décisions demandent un pouvoir clair, légitimé par un vote et qui a coupé tout lien avec ses vies précédentes. Tout ce que, aujourd'hui, Thierry Giet n'est pas.