Vive le développement durable

MICHEL DE MUELENAERE

samedi 23 juin 2012, 09:01

Rio+20 est mort. Et n’y allons pas par quatre chemins : à court terme, il n’y a rien dans les conclusions adoptées par tous les pays du monde qui permette de penser qu’on a pris la mesure des enjeux du moment ni qu’on a décidé d’y faire face.

La conjonction des crises, des méfiances et de la défense des intérêts nationaux a eu un effet délétère : à Rio, tout le monde a sauté sur les freins. Ça n’aide pas.

Soyons de bon compte : à Rio, délégués, ministres et chefs d’Etat ont peut-être jeté les bases de nouvelles relations internationales axées sur la nécessité d’une triple régulation : environnementale, sociale et économique. L’avenir nous dira si le Sommet de la Terre a ouvert cette ère nouvelle. Mais c’est dans toutes les têtes désormais : de plus en plus, il est évident qu’il faut composer avec toutes les limites de notre monde. Ce constat en impose un autre : il faut mieux répartir les ressources et mieux les gérer.

Dans l’immédiat, quoi, après cet essai manqué ? Se lamenter ? Se recroqueviller sur son pré carré et sur les égoïsmes traditionnels ? Vouer les grands-messes onusiennes aux gémonies ? Entamer ce stupide couplet mille fois entendu : « Combien-ça-coûte-d’envoyer-nos-délégués-et-nos-ministres-se-dorer-la-pilule-sur-les-plages-brésiliennes » ?

Ce serait ajouter une faute à une erreur. Oui, les politiques ont failli à leur mission. Mais cela fait-il du développement durable un enjeu démonétisé ? Mille fois non. Le processus de Rio suivra son court ; ce sera lent, mais les choses finiront par décoller.

Dans l’intervalle, c’est chez nous que ça se passe. Dans nos villes, dans nos Régions. Au fédéral. Dans nos communes aussi, dont on élit bientôt les responsables. Là, la feuille de route doit être claire : sans prétexter du marasme international, tout mettre en œuvre pour rendre notre pays plus équilibré, plus respectueux, plus ouvert, plus vert.

Des mots ? Il y a des milliers de gens, d’associations, d’entreprises, qui réussissent le mariage du social, de l’environnement et de l’économie. Ceux-là méritent plus de considération. Plus de soutien. Ce sont les rhizomes de ce pays « durable » qu’il nous faut. Un pays dont la valeur centrale est le bien-être de la population.