Pitié pour les communes belges !
ERIC DEFFET
mercredi 27 juin 2012, 07:42
ERIC DEFFET
mercredi 27 juin 2012, 07:42
Curieux hasard tout de même : la législature communale qui s’achève épouse pratiquement les contours des crises financières et économiques qui ont rythmé ces dernières années. Comme si un machiavélique maître du monde, des perrons et des beffrois avait voulu soumettre les finances locales belges à un test grandeur nature qui se réglerait dans les urnes le 14 octobre prochain.
Résultat ? Comme le montre l’étude annuelle de Belfius, qui s’étend cette fois aux exercices 2007 à 2012, la curée prévisible n’a pas eu lieu. Vaille que vaille, les finances communales ont résisté au naufrage comme des coquilles de noix sur un océan déchaîné par des vents largement contraires.
Aucune entité locale ne se
retrouvera pleinement dans l’analyse par définition macroéconomique du « banquier des communes ». Mais chacune y verra des raisons d’espérer. Tout en gardant à l’esprit qu’en Flandre, où se concentrent 95 % des déficits, le bas de laine des années antérieures ne sera pas éternel et qu’en Wallonie ou à Bruxelles, le soutien de la tutelle
régionale enjolive le tableau : ainsi, trois Wallons sur quatre vivent dans des communes dont les finances sont sous plan de gestion.
Fin de l’avis de tempête ? Au contraire : le plus dur reste à venir. Les budgets 2012 – il faudra voir si les comptes les confirment pleinement – font plonger le déficit global à l’exercice propre et rabotent d’autant les réserves. Un coup rude que les nouvelles majorités devront assumer.
Mais les hôtels de ville sont surtout à la merci de menaces à long terme dont il est difficile de prévoir l’ampleur.
Énumérons dans le désordre et sans souci d’exhaustivité : la hausse exponentielle des dépenses sociales et de police dont le financement n’est pas assuré, la réforme des pensions des agents locaux, le transfert des compétences et la future loi de financement avec leurs effets en cascade jusqu’au bas de l’échelle des pouvoirs, ou encore le pacte de stabilité qui impose un retour à l’équilibre des finances publiques à l’horizon 2015 – avec quel impact sur les communes ?
L’enjeu est énorme. Les communes ne sont pas seulement le niveau de pouvoir le plus apprécié des citoyens. Elles sont aussi un moteur essentiel de l’économie puisqu’elles représentent à elles seules près de 50 % des investissements publics dans ce pays. Des investissements de proximité qui améliorent la vie de ceux qui en profitent. Solder la crise sur le dos des pouvoirs locaux serait assassin.