L’Europe doit revoir son modèle énergétique

JOAN CONDIJTS

mercredi 04 juillet 2012, 08:49

Quelle est la politique énergétique de la Belgique ? », s’interrogeait récemment, dans un cercle restreint, un spécialiste de la matière. Sans trouver de réponse. Normal. La réponse s’apparente au néant, à l’absence. Ou presque.

La politique énergétique de la Belgique ? Deux choses : le soutien aveugle, mal ordonné et inconséquent aux moyens de production renouvelable (éolienne, solaire, etc.), et la décision d’éteindre le nucléaire, contestée depuis neuf ans jusqu’au discrédit. Le reste a été confié au « marché ». A cette panacée libérale… « Vous verrez, citoyens, grâce à la concurrence, les prix baisseront », avaient clamé quelques politiciens enthousiastes et, au choix, soit stupides, soit démagogues.

Le citoyen n’a rien vu.

Dans ce contexte saumâtre, le plan que présente, ce mercredi, Melchior Wathelet au conseil des ministres restreint présente l’avantage d’apporter clarté, voire ambition. Le secrétaire d’Etat à l’Energie, certes servi tant par cette urgence qui s’impose actuellement à de nombreux dossiers gouvernementaux que par la nécessité de trancher la question nucléaire, confirme la fin de l’atome, avec pragmatisme (en ne sortant que partiellement du nucléaire), et assure la sécurité d’approvisionnement du royaume par l’instauration d’un mécanisme de soutien au gaz. Un embryon encourageant de politique énergétique. Mais un embryon… Reste à persévérer, en matière d’efficacité énergétique notamment, domaine où la Belgique patauge alors que le potentiel, économique comme écologique, demeure colossal.

Le plan présenté par le mandataire verviétois révèle surtout l’incapacité du marché, comme évoqué ci-dessus, à répondre aux défis que pose l’énergie (transition vers des modes de production plus verts, prix justes, sécurité d’approvisionnement…) et partant, l’erreur de la Commission européenne qui continue de se draper dans une idéologie ultralibérale à courte vue au lieu de tirer les conclusions d’un échec patent. Le modèle de marché défendu par l’Europe ne fonctionne pas. Le Royaume-Uni l’a compris et prend les mesures adéquates – qui ont d’ailleurs inspiré la Belgique – en vue d’assurer la fourniture d’électricité, à un prix décent, de la population.

La sphère énergétique n’est pas allergique à la concurrence. Au contraire. Cette compétition doit être organisée plus efficacement et le modèle européen revu. Sous peine de sombres journées pour le Vieux Continent…