La N-VA compte fêter le 11 juillet le 14 octobre

BEATRICE DELVAUX

mercredi 11 juillet 2012, 09:15

éditorialiste en chef

Faire, inlassablement : l’arrêt du nucléaire, un plan de relance, une scission de BHV, une réforme de l’État, même un plan très ambitieux pour les musées du pays.

Si l’un d’entre eux va s’appeler « Fin de siècle », il ne faut y voir aucune prémonition. Au contraire, le mot d’ordre du pouvoir fédéral est surtout de faire comme si tout cela n’allait pas s’arrêter, comme si on construisait le futur durable.

Pendant ce temps, inlassablement, « l’autre partie », elle, prépare la fin du pays ou son équivalent. La N-VA poursuit son « road show », Bart De Wever arpente la terre flamande – mais aussi quelques cénacles francophones – pour convaincre de la légitimité et de la fatale attraction du moment qui ferait basculer le pays vers le confédéralisme – son nouvel objectif, plus praticable que l’indépendance.

Le but est de disposer dès octobre de la masse critique, de cette force de frappe électorale qui transformera un scrutin en référendum pour un homme, son parti et son projet. Saisir le moment qu’il pressent mûr pour faire basculer définitivement le sort de la Belgique fédérale et donner à la Flandre cette forme d’indépendance : c’est l’unique objectif de De Wever.

Gagner des villes aux communales, remporter Anvers ne sont que des points intermédiaires vers ce seul momentum auquel De Wever sera prêt à dire « oui ».

Ce 11 juillet, jour de fête flamande, n’est, pour cette raison, pas un moment particulier. Alors que l’an dernier, Bart De Wever était acclamé à Courtrai, au grand dam du ministre-président flamand Kris Peeters, tel un César à la tête d’une armée, le triomphe devrait cette fois être discret.

Parce que la bataille se mène désormais sur le terrain, trottoir par trottoir, envahis par la campagne d’image omniprésente du leader de la N-VA.

Parce que Bart De Wever sent l’empathie populaire en Flandre pour son parti, qui tétanise tant ses concurrents qui ont l’air d’aller à l’élection comme ils iraient à l’échafaud.

Les francophones là-dedans ? Ils ne peuvent pas faire grand-chose, si ce n’est poursuivre le travail au fédéral, soutenir les « collègues » flamands soucieux de l’État Belgique et qui osent placer la N-VA devant ses promesses intenables, son silence sur l’avenir de Bruxelles, ses critiques faciles. Ils doivent aussi continuer (?) à préparer l’après, si jamais ce coup de tonnerre nationaliste devait se confirmer en octobre. Au cas où 2014, ce serait déjà demain.