Le meilleur de nous

PHILIPPE VANDE WEYER

vendredi 27 juillet 2012, 07:16

On y est ! Après un peu plus de sept ans de préparation, les Jeux de Londres vont enfin connaître leur coup d’envoi officiel, ce soir, avec une cérémonie d’ouverture que l’on annonce – comme un truisme – grandiose. Comme tous les quatre ans, la plupart des voyants sont forcément au rouge en cette veille de quinzaine olympique : les dopés, qui tombent aujourd’hui comme des mouches, vont passer à travers les mailles du filet, le système de transport chaotique ne parviendra pas à digérer les millions de spectateurs qui garniront les stades, les mesures de sécurité seront impitoyables et glaceront l’ambiance, le mercantilisme sera rampant et, puisqu’on est en Grande-Bretagne, ajoutons que le thé ne sera sans doute jamais suffisamment chaud.

Que restera-t-il de tout cela dans deux semaines ? Pas grand-chose, sans doute. Car tous les quatre ans, au catastrophisme préolympique succède généralement une période de félicité procurée par ce qui se fait de mieux en matière de sport, 10.500 athlètes venus du monde entier, les meilleurs des meilleurs, qui, comme le rappelait encore l’immense Michael Phelps ce jeudi, viennent avant tout pour défendre leurs chances et leurs couleurs.

La noblesse des sentiments du nageur américain, qui a l’avantage de déjà dormir sur un matelas de 16 médailles olympiques (dont 14 d’or) et peut donc « voir venir », ne doit évidemment pas nous faire tomber dans l’angélisme ou dans l’aveuglement. Le sport de haut niveau, ce n’est pas le monde des Bisounours et le village olympique, ce n’est pas le pays de Oui-Oui (même si l’ambiance y est vraiment unique). Les Jeux sont une très grosse machine actionnée par un organisme, le CIO, qui n’a pas toujours été blanc comme neige. Les bénéfices qui seront générés au cours de la quinzaine qui vient seront gigantesques et certains en auront sans doute la nausée.

Mais au-delà de ces remarques légitimes, on ne peut contester que les JO restent une épreuve universelle incomparable, au sens premier du mot. Celle où, à côté des exploits des stars, on se découvre une passion identique et authentique pour un lutteur azéri, une plongeuse chinoise ou un tireur canadien. Celle où on découvre les subtilités de sports improbables dont on n’a jamais entendu parler ou auxquels on ne s’est jamais intéressé et qu’on aura sans doute oubliés dès le lendemain de la cérémonie de clôture. Celle qui, quelque part, fait ressortir le meilleur de nous.