Une campagne, rien de tel pour la confiance !

VERONIQUE LAMQUIN

samedi 11 août 2012, 09:26

Le MR et le CDH font donc le plein de nouveaux adhérents. En un an, 3.000 nouveaux réformateurs, 2.500 humanistes. Précisons que ces chiffres ne sont guère vérifiables, la transparence de la vie politique belge n'allant pas si loin. Qu'à cela ne tienne, acceptons la bonne foi des deux formations. Le constat est alors pour le moins réjouissant. Il s'inscrit, surtout, à contre-courant des tendances de ces dernières années. Le centre d'études de la vie politique (ULB) a en effet observé de près le militantisme politique. Verdict ? Moins d'un Belge sur 25 était, en 2010, membre d'un parti. Pire : entre 1990 et 2010, les partis du Royaume ont perdu 160.000 membres. Ces derniers mois, seule la N-VA semblait encore séduire.

Dans ce contexte morose, le regain d'adhésion(s) pour le MR et le CDH, ainsi que la stabilité enregistrée par Ecolo et le PS passent donc pour un signal positif, à confirmer, avant de crier à la vitalité de notre scène politique.

Car, ces dernières années, le citoyen affichait un manque flagrant de confiance envers ses élus. Quoi de plus normal, quand on se souvient de la succession d'affaires qui ont rythmé la vie politique ? Quoi de plus logique, hélas, lorsqu'on se souvient que le pays a été plongé dans une interminable crise, qui l'a privé de gouvernement pendant 541 jours ?

Or donc, la politique ferait de nouveau recette. Une bonne part du mérite, pour le CDH et le MR, en revient assurément aux nouveaux présidents. Benoît Lutgen s'investit énormément dans la vie interne de son parti ; Charles Michel a amorcé des ruptures, sur le fond et la forme, avec son prédécesseur.

Reste maintenant, à confirmer ce regain d'intérêt. La campagne électorale est le contexte idéal pour cela. C'est l'occasion, pour les partis, d'exiger de leurs candidats une exemplarité de comportement. C'est, surtout, pour celles et ceux qui briguent des voix, le moment de renouer avec cette fameuse « proximité ». L'on veut dire par là, rencontrer les électeurs, sur le terrain ou sur la Toile. Et prendre le temps d'expliquer les programmes et les priorités ; rassurer face à la crise socioéconomique ou institutionnelle. Par-delà les slogans prometteurs de beaux jours. En s'abstenant de propos incendiaires et autres polémiques stériles. Cela participerait aussi du retour en grâce de la politique !