un répit pour l’Europe… à rendre aux Européens
PHILIPPE REGNIER
vendredi 14 septembre 2012, 08:40
PHILIPPE REGNIER
vendredi 14 septembre 2012, 08:40
Deux partis europhiles tirent leur épingle du jeu électoral aux Pays-Bas : les libéraux et les sociaux-démocrates (travaillistes) ont remporté le scrutin anticipé de ce mercredi. En face, la gauche radicale eurocritique du SP et la droite populiste europhobe du PVV reculent.
C’est une bonne nouvelle pour l’Europe. Elle survient après le coup de « bazooka » sorti la semaine dernière par le patron de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, puis, cette semaine, le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande au fonds de secours de la zone euro, les avancées vers un renforcement de la supervision européenne (des dérives) des banques et la feuille de route du président de la Commission José Manuel Barroso pour un nouveau saut vers l’intégration économique et politique du « Vieux Continent ».
Le projet européen vient de
connaître un précieux répit.
Mais gare ! le retour de flamme guette.
Le gouvernement néerlandais avait chuté après le refus du PVV de Geert Wilders de valider l’assainissement budgétaire nécessaire pour revenir dans les clous européens ? Les partis plébiscités dans les urnes vont remettre ce chantier sur le métier ! En Espagne, au Portugal, en Grèce, des partis ou des coalitions sont aussi sortis des urnes avec pour mandat de ramener l’équilibre budgétaire. En Italie, le « technicien » Mario Monti a longtemps bénéficié d’une extraordinaire popularité en essayant de remettre le pays sur pied.
Dans le secret de l’isoloir, l’électeur semble ainsi enclin à une forme de modération, de « sagesse », prêt à accepter les sacrifices nécessaires. Bien. Mais cette résignation pourrait n’avoir qu’un temps. Trop d’austérité porte en elle les germes de la colère populaire (en plus de l’impact contre-productif sur la croissance désormais reconnu par beaucoup). Un profond vent de
révolte souffle déjà dans les pays les plus affectés par la crise financière. Une révolte dirigée… contre « les diktats de l’Europe ».
Il faut à cet égard encourager les voix qui s’élèvent aujourd’hui pour réclamer un renforcement de la démocratie de l’Union européenne, parallèlement à la concentration de nouveaux pouvoirs au sommet de ses institutions « technocratiques » (BCE, Eurogroupe, Conseil et Commission). Renforcer le poids, le rôle, l’implication du Parlement européen, pour davantage associer les citoyens à résoudre cette question : l’Europe, oui, mais quelle Europe ? En somme, il faut rendre l’Europe aux Européens…