« Je suis prêt », a assuré François Hollande. « Prêt à gagner l’élection présidentielle, prêt à présider la France, prêt à transformer notre pays, à changer concrètement la vie de nos concitoyens », a affirmé le candidat socialiste, François Hollande, en meeting à Besançon. « Prêt », surtout, à s’en prendre dans les grandes largeurs à Nicolas Sarkozy, au bilan et à la campagne duquel il a consacré la quasi-totalité de son discours.
Le député de Corrèze a prévenu : « Je ne tomberai pas dans le piège grossier qui m’est tendu, me jeter dans une mêlée confuse, un pugilat obscur. » Pour autant, le candidat tenait à se « faire justice de toutes ces outrances, ces confusions, ces polémiques » à ses yeux fomentées par le camp présidentiel. Et, avec verve, l’a fait savoir.
Hollande sent « une vague » prête à « submerger l’arrogance » de Sarkozy
« Dimanche, il (M. Sarkozy) a annoncé dans un journal qu’il sentait monter la vague. Moi aussi, je la sens monter la vague, la vague de l’indignation, la vague de l’exaspération, la vague de la colère, celle du peuple qui n’en peut plus ! », a lancé M.
Hollande lors de ce meeting qui a rassemblé selon les organisateurs, de 7.500 à 8.000 personnes, réunies à Micropolis.
« Je ne suis pas candidat contre le candidat sortant, je suis candidat pour l’espérance, pour le changement », a lancé M. Hollande. Il s’est livré à plusieurs attaques contre Nicolas Sarkozy dont il a dénoncé les « demi-vérités qui deviennent de vrais mensonges », évoquant notamment un voyage à Fukushima que le candidat sortant a dit avoir fait, ce qui n’est pas le cas. « C’est la première fois dans l’histoire de la République qu’un candidat sortant relate un voyage qu’il n’a jamais fait », a-t-il dénoncé, ironisant sur « ce précurseur en tout, même d’un voyage qu’il n’aura jamais accompli ».
« Je voulais faire justice de toutes ces outrances, de toutes ces confusions, ces polémiques (…) Je ne tomberai pas dans le piège grossier qui m’est tendu, me jeter dans une mêlée confuse, dans un pugilat obscur », a assuré le député de Corrèze.
« Le débat pour l’élection présidentielle mérite mieux que ces caricatures, ces invectives, ces dénigrements, ces polémiques. L’enjeu, c’est la France (.) c’est le redressement de la France »
« Je suis socialiste et je me sens écologiste »
Proclamant : « Je suis socialiste et je me sens écologiste », il a déroulé ensuite son programme de « transition énergétique ». Il a réaffirmé le principe d’une taxe carbone à l’échelle européenne, souhaitant réduire la part du nucléaire à l’horizon 2025, fermer une seule centrale, celle de Fessenheim.
Il a enfin appelé à voter massivement le 22 avril arguant que « la meilleure manifestation, le meilleur droit de grève, c’est le droit de vote ». Pour lui, « ce mouvement ne s’arrêtera pas. Si le 22 avril nous sommes forts, le 6 mai, nous serons victorieux pour la République et pour la France ».
Un meeting sous le signe du rassemblement
Ce meeting se voulait de « rassemblement », de « riposte » à Nicolas Sarkozy, avait auparavant prévenu le candidat PS devant la presse, lors de son déplacement dans le Doubs, fief de son directeur de campagne Pierre Moscovici.
Il était aussi placé sous le signe du rassemblement avec son allié Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC. M. Hollande a affirmé vouloir « dépasser ce qui nous a séparés », prônant « le rassemblement de la gauche, des républicains ».
M. Chevènement, qui fut partisan du non à Maastricht, a salué en lui un candidat ayant « une vraie vision d’homme d’État », soulignant son engagement à « réviser le traité mortifère » européen sur les disciplines budgétaires.
« Le traité +Merkozy+ a une logique, c’est de mettre à terre les États », a dénoncé l’ancien ministre PS, jugeant qu’avec lui « la puissance serait désormais privée et la puissance publique serait désarmée ». Il a vu en François Hollande « le deuxième François de la Ve République ».
Mais le sénateur de Belfort a été un peu chahuté, son discours s’étirant en longueur et la foule réclamant le candidat socialiste.
« Ne nous laissons pas détourner par les mensonges, le dénigrement ! », a lancé ensuite Pierre Moscovici, député du Doubs, qui a dénoncé un Nicolas Sarkozy qui « ment matin, midi, et soir ».
(AFP)