Nicolas Sarkozy, à fond dans un dernier souffle

JOELLE MESKENS

jeudi 19 avril 2012, 18:40

LE FAUVE veut faire croire qu'il n'est pas mort. Même si ses jours à l'Elysée semblent à présent comptés.

Nicolas Sarkozy, à fond dans un dernier souffle

AFP PHOTO POOL LIONEL BONAVENTURE

FOUGÈRES (BRETAGNE)

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE

Ce matin de mars, à Fougères, en Bretagne, les journalistes du « Sarkotour » s'interrogent sur la manière d'aborder le candidat président à son arrivée. Depuis le temps qu'ils le suivent, ils ont appris à composer avec les humeurs du locataire de l'Elysée. « On l'attaque directement sur les sondages ? », demande l'une. Lorsqu'il débarque, un peu plus tard, dans cette usine d'électronique de pointe qui fabrique notamment du matériel pour la Défense, plus de questions à se poser. Le sourire de Nicolas Sarkozy est aussi large qu'une plage à marée basse. L'annonce vient alors de tomber. Pour la première fois depuis son entrée en campagne, mi-février, un sondage le place devant François Hollande au premier tour. « Il fait beau, hein, un temps magnifique ! », se réjouit-il, savourant le premier frémissement de ces satanées courbes dont il est friand même s'il prétend, bien sûr, les mépriser. Depuis le temps qu'il répète à ses amis : « Vous verrez, rien n'est joué. »

Dans l'usine, les sept cents salariés ont été « briefés ». Chacun y va de son explication sur son métier. « Et ça, c'est quoi ? », demande le président. « Ah, des électroaimants ? J'ai vu ça, oui, en Afghanistan. » L'humeur est radieuse. Les mains, baladeuses, sur les dos et les épaules des ingénieurs. « Je ne comprends rien à l'électronique, s'amuse Nicolas Sarkozy. Mais tout ce que je sais, c'est que ça change tout le temps. » S'ensuit un plaidoyer pour la formation continue, les heures supplémentaires défiscalisées « dont neuf millions de Français ont bénéficié », l'apprentissage pour les chômeurs. Toute occasion est bonne pour appuyer quelques points clés de son programme. L'emploi et la réindustrialisation de la France sont au cœur des enjeux. Alors Nicolas Sarkozy aime rappeler qu'après avoir œuvré pour cette usine dont le carnet de commande est assuré pour quatre ans, il s'est aussi battu pour les ouvrières de Lejaby… Il marque l'arrêt au service « contrôle qualité » des pièces détachées. « Si je comprends bien, chaque fois qu'il y a un problème, vous essayez de le réparer ? Mais au fond, on fait le même métier ! », s'esclaffe encore le chef de l'Etat.

Un podium a été érigé, où il improvise comme il aimait déjà le faire lors de sa campagne de 2007. Mais plus question, cette fois, ni de figurants de petite taille pour qu'il paraisse plus grand sur les photos ni de promesses sur le pouvoir d'achat. L'heure est grave. « Des pays comme la Grèce, l'Italie, le Portugal, ont été rayés de la carte ! », lance-t-il sans craindre de forcer le trait. Rayés de la carte ! Les habitants apprécieraient… « Mais la France, elle, peut s'en sortir », poursuit celui qui veut apparaître comme le capitaine dans la tempête. Christian, un syndicaliste quinqua, ne se montre pas dupe. « Sarkozy vient parader à l'usine mais avec lui, on a eu droit à cinq ans de politique antisociale ! », maugrée-t-il. Colette, quarante ans de maison au service des achats, se laisse aller, elle, à la photo-souvenir, même si son candidat de cœur était DSK, avant qu'« il fasse ses bêtises ». Lunettes roses Dolce Gabbana, elle a sa minute de gloire auprès des collègues. « Avec Colette, c'est du sérieux ! », rigole même un Sarkozy décidément goguenard. La conversation glisse sur la vie, l'affect, la famille, le temps qui passe. « Vous n'avez eu qu'un travail ? Mais combien d'hommes dans votre vie ? Un seul mari ? Mais c'est formidable, ça, un seul amour qui dure ! », rigole le président. La gaffe : « Il vient de mourir ! », répond Colette. Les aléas d'une campagne que le « candidat du peuple » veut baser sur la proximité…

« Il est comme ça, Nicolas Sarkozy, il veut un rapport direct avec les Français, explique Nathalie Kosciusko-Morizet, sa porte-parole. Il n'est tout simplement pas issu du sérail. Si on le trouve parfois en décalage dans la classe politique, c'est parce qu'il n'est pas un héritier. D'accord, il a été élu à Neuilly. Mais cette ville, il l'a prise à la hussarde. »

Dans cette bataille présidentielle, Nicolas Sarkozy sait depuis le début que la partie sera rude. Le match, depuis des mois, semble plié. Même les journalistes roulent pour François Hollande, comme l'a posté Charline Vanhoenacker sur son blog du Soir.be ? Le candidat président jette un œil à mon badge quand je lui pose la question. « Vous, vous ne roulez pas pour les socialistes, hein ? », s'adresse-t-il au reporter du Parisien. Avec les journalistes, il entretient un curieux rapport de proximité. A l'une d'entre elles, qui a comme lui une petite fille, il ne manque jamais de glisser un petit mot sur les penchants tyranniques de sa petite Giulia. « Pol pot », comme il la surnomme.

Nicolas Sarkozy veut croire qu'après le premier tour, un tout nouveau match commencera. Même si, au fil des semaines qui passent, le doute, voire la certitude de la défaite, se sont installés dans son camp. Plusieurs fois, il a semblé céder à la lassitude… Comme lorsqu'il a confié, un soir à Cayenne, que s'il perdait il quitterait la vie politique. « Il nous a dit : “Vous voulez quoi ? Que j'anime une section de l'UMP ? Je ne mérite pas ça. Autant aller au carmel. Au moins au carmel, il y a de l'espérance !” », rapporte une journaliste française qui était à sa table.

Au carmel ! Sa campagne a, il est vrai, démarré dans une chapelle. C'est dans ce décor qu'il apparaît, mi-février, cierge apparent, sur une photo qui illustre une interview accordée au Figaro Magazine. Le ton est donné. Ultra-droitier. Il évoque un référendum sur l'assistanat, voire sur l'immigration, et dit non au mariage homo. Plus tard, il parlera de la viande halal et menacera l'Europe de suspendre les accords de Schengen si des contrôles ne sont pas renforcés aux frontières de l'Union. La droite modérée encaisse. « Il ne vous a pas échappé qu'on était en campagne électorale », glisse l'ex-ministre centriste Pierre Méhaignerie, qui le soutient pourtant. Pure tactique, donc…

Mais autour du président, on s'empoigne sur cette stratégie. Ne faut-il pas d'urgence abandonner ces clins d'œil aux électeurs du FN ? Nicolas Sarkozy s'obstine et remonte chaque jour en selle. On le dit las ? « Ne tirez pas de conclusions hâtives. Les enjeux sont trop importants », répond-il. Martine Aubry l'a traité de « Madoff », Cécile Duflot de « crapaud », François Hollande de « sale mec », Marie-George Buffet de « voyou » ? Plus on le cherche, plus on le (re)trouve. Le candidat président est déterminé à rendre coup pour coup. Face à François Hollande, qui a dévoilé très tôt son programme, il veut un « tapis de bombes ». Une nouvelle mesure chaque jour. Des annonces chocs. Ses proches assurent même le teasing. « Il y aura des surprises », vantent parfois certains. Mais le suspense retombe comme un soufflé. Choc, l'annonce de verser les pensions aux retraités le 1er et non plus le 8 du mois ? Et quand les seules surprises viennent, elles étonnent jusqu'à son propre camp. Comme lorsque le candidat du peuple, en meeting à Marseille en février, annonce qu'il veut s'en prendre aux corps intermédiaires et réduire le nombre d'élus. Certains d'entre eux s'étranglent… « Un discours de battu », conviennent ce jour-là les journalistes en salle de presse. Personne, pourtant, ne l'écrit. Ni ne semble relever cet étrange « Aidez-moi ! » par lequel Nicolas Sarkozy achèvera par la suite presque tous ses meetings.

Arriver en tête au premier tour. Voilà le dernier espoir auquel s'accroche le candidat président. Objectif : créer une dynamique pour attirer le centre. Rallier les voix du Modem serait pour Sarkozy le dernier (mince) espoir de l'emporter. Ses éclaireurs centristes tentent, mais jusqu'ici en vain, de faire le joint. « J'ai dit à François Bayrou : tu te sens plus proche de François Hollande du point de vue personnel, mais tes idées sont plus proches de celles de Nicolas Sarkozy », explique l'ancien ministre centriste Pierre Méhaignerie. Mais l'homme admet que le combat sera dur. La magie de 2007 ne prend plus ? « La crise rend les choses plus difficiles. Les électeurs se situent dans l'absolu, et pas dans la comparaison avec les autres pays ! », regrette-t-il.

Et c'est vrai que, ces derniers jours, quelque chose dans l'air a changé. Les ralliements à François Hollande se multiplient. Un sondage donne ce dernier vainqueur à 58 %. Même le clan Chirac, ce « père » qui l'avait formé, auprès duquel il avait mûri avant que de le tuer, lâche désormais Nicolas Sarkozy en rase campagne…

Fichue bataille… Qui s'achève, comme le mandat avait commencé, dans un désastreux symbole. Après le Fouquet's, voici la montre que Nicolas Sarkozy retire de son poignet en plein bain de foule dimanche dernier sur la place de la Concorde. Un bijou à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Et un buzz assassin qui le renvoie à ce péché originel – le travers bling-bling – qu'il n'a cessé de chercher à expier durant tout son mandat jusqu'à déjeuner, ces dernières semaines, d'une omelette en face de son QG ou d'une formule à 12,50 euros dans un resto routier de Bretagne

Tic-tac, tic-tac, les jours de Nicolas Sarkozy seraient-ils désormais comptés sur les aiguilles de sa « Patek » ? Un soir de mars, à la télévision, Franz-Olivier Giesbert avait déjà dit ne pas reconnaître celui qui, dès 2003 (soit quatre ans avant la précédente présidentielle !), fanfaronnait en disant qu'il ne pensait pas seulement à l'Elysée en se rasant. « Pourquoi cette tristesse dans votre regard ? », s'était étonné FOG. Sarkozy est-il déjà ailleurs ? La chanson, non pas de Didier Barbelivien mais de Julien Clerc qu'il a choisie en début de semaine pour une interview sur France Inter en dit long. Car son titre sonne, déjà, comme un requiem : « Souvenirs ».

SON RÉSEAU Un staff divisé sur la stratégie

En 2007, les « sarko-boys » étaient surnommés : « la firme ». C'était l'époque où Cécilia, l'ex-épouse, honnissait ceux qui avaient la mainmise sur le candidat. Désormais, l'ambiance ne s'est pas forcément améliorée. L'équipe de Nicolas Sarkozy se fracture entre les partisans d'une ligne radicalement droitière et ceux qui plaident pour un recentrage.

Parmi les premiers, Patrick Buisson est le plus influent. Le candidat-président assure que cet homme n'est pas son « gourou ». Mais cet ex-journaliste du magazine d'extrême droite Minute n'en a pas moins l'oreille du locataire de l'Elysée. Au grand dam de celui qui reste sa plume, Henri Guaino, avec lequel il entretient une détestation réciproque. Tenant d'une ligne catholique et conservatrice, Patrick Buisson est convaincu que si l'élection peut encore être gagnée, c'est seulement en réitérant la stratégie de 2007, celle qui avait permis au candidat de siphonner les voix de l'extrême droite.

Guillaume Peltier, étoile montante de la Sarkozie et spécialiste des sondages, est sur la même ligne. Transfuge du FN et du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, ce trentenaire est l'un des piliers la campagne, où il officie notamment au sein de la cellule « riposte » pour fournir des arguments contre les adversaires. Emmanuelle Mignon, fervente catholique (on l'appelle parfois « la mère supérieure ») et tête pensante du candidat, affiche elle aussi son penchant très conservateur. Cette ancienne major de l'ENA, bourreau de travail, est revenue en Sarkozie après avoir déjà mené campagne en 2007. Son passage dans la société de production de Luc Besson n'aura été qu'une parenthèse. Référendum sur l'assistanat, voire sur l'immigration, discours sur l'identité nationale, opposition au mariage homosexuel qui mettrait en péril l'« institution de la famille » : autant de thèmes à mettre sous l'influence de cette partie de la galaxie.

NKM à l'assaut du Front national

Plus modérée est la porte-parole du candidat. Beaucoup ont dit pis que pendre de Nathalie Kosciusko-Morizet quand, interrogée sur le prix du ticket de métro, elle s'est royalement plantée. Mais celle à qui certains reprochent ses allures de grande bourgeoise a pris le Front national en grippe. Non seulement elle lui a consacré un livre (Le Front antinational, aux éditions du Moment) pour le combattre mais lors d'une émission de télé, elle a annoncé la couleur : en cas de second tour opposant l'extrême droite au parti socialiste, elle appellerait sans états d'âme à voter pour Hollande. Elle s'était alors fait taper sur les doigts. L'UMP de Jean-François Copé n'avait jamais voulu jusqu'alors se prononcer sur cette question, arguant que ce scénario ne se produirait pas…

Si d'aventure, contredisant tous les sondages, Sarkozy devait gagner un second mandat, Alain Juppé partirait alors favori pour Matignon. Le ministre des Affaires étrangères et ex-Premier ministre de Chirac a été d'une loyauté sans faille dans cette campagne. Il n'a jamais ménagé ses efforts. On l'a vu débattre face à François Hollande à la télévision et offrir ainsi à son champion un « repérage » cathodique qu'il pourra utilement décortiquer avant le vrai duel télévisé de l'entre-deux-tours. Juppé, dont on sait depuis l'époque Chirac la propension à « prendre sur lui » n'a pratiquement jamais bronché non plus. Tout juste a-t-il fait savoir qu'il n'avait pas apprécié que Sarkozy profite d'un meeting dans sa ville de Bordeaux pour y parler de la viande halal…

Patrick Buisson, gourou de la droite dure. © AP

Emmanuelle Mignon, la tête pensante. © AFP.

Guillaume Peltier, l'étoile montante. © D. R.

Henri Guaino, la plume fidèle. © EPA.

Alain Juppé, le « Premier » tout trouvé. © AFP.

NKM, la porte-parole de choc. © AFP.

SA MOITIÉ

Glamour et stabilité

Avec Carla, c'est du sérieux. Même en période électorale. Plus question de mener une campagne parasitée par les tourments affectifs comme il y a cinq ans avec Cécilia. La chanteuse, a glissé Nicolas Sarkozy, lui offre la « famille stable » avec laquelle il aurait envie de fêter la victoire à la maison plutôt qu'au Fouquet's. La première dame tient soigneusement sa place… sur les photos, mais rarement au-delà. On la voit aux meetings ou dans les coulisses télé. Mais les rares propos qu'elle glisse font jaser. « C'est merveilleux ! », avait-elle lancé lors du meeting de Marseille, mi-février, qui devait marquer le lancement d'une campagne sous le signe de la gravité en pleine crise. Au sortir d'une émission, elle avait re-gaffé, lançant « Nous sommes des gens modestes, nous aussi on mange des pâtes ». L'ex-mangeuse d'hommes qui ne semblait a priori en rien promise à devenir Première dame se verrait bien rempiler. Même si, comparée à Mme Pompidou, elle s'est elle-même définie dans le Nouvel Observateur comme une… Lady Gaga !

Taillé pour le pouvoir

Pas étonnant que Jacques Chirac l'ait repéré dans un meeting du RPR dès 1975. Il n'avait alors que vingt ans mais déjà une « tchatche » à ne pas lâcher les micros. Nicolas Sarkozy était taillé pour le pouvoir. Son premier fait d'armes remonte à 1983. Il a 28 ans quand il ravit la mairie de Neuilly à son mentor, Charles Pasqua. C'est dans cette ville chic de l'Ouest parisien qu'il tisse sa toile pour conquérir le pouvoir. D'abord protégé de Chirac, il rompt en 1995 pour soutenir Edouard Balladur à la présidentielle. Mauvaise intuition : il traverse ensuite le désert. Les élections européennes de 1999 le remettent en selle. Nouvel échec. La liste RPR qu'il conduit fait un bide. Têtu, Sarkozy s'obstine. A défaut de revenir en cour, il se rend indispensable. En 2002, Chirac réélu le nomme ministre de l'Intérieur, puis ce sera le Budget avant le retour comme premier flic de France. Le président tente d'apprivoiser son fauve : « Je décide, il exécute », dit Chirac en 2004. Mais il n'empêche pas l'animal de prendre alors le contrôle de l'UMP. En 2007, Sarkozy remporte haut la main la présidentielle. Mais c'est vite la désillusion. Soirée au Fouquet's, vacances sur le yacht de Bolloré, déboires conjugaux et remariage avec Carla Bruni : l'électorat conservateur est déboussolé. La passion ne reviendra plus. (Jo. M.)

SON QG DE CAMPAGNE Une adresse 100 % anti bling-bling

Ce matin de mi-février, les passants n'en croient pas leurs yeux dans cette rue du XVe arrondissement de Paris réputée très tranquille. Sur leur minuscule balcon, deux jeunes observent un étrange ballet en avalant une canette de bière sous le regard inquiet des policiers de faction. On ne sait jamais : et si le houblon finissait sur la tête du candidat président ? On a bien vu François Hollande se faire enfariner… Car c'est là, dans cet immeuble tristement banal des années soixante, coincé entre un pressing et un traiteur chinois, que Nicolas Sarkozy vient ce jour-là, en col roulé et à pied, inaugurer son quartier général.

Mandela et Johnny

« Cheap » ? Le local a moins d'allure, c'est sûr, que le magnifique siège de campagne qu'il avait installé il y a cinq ans de l'autre côté de la Seine, sur la rive droite, en plein « BoboLand ». Mais la modestie du lieu est précisément son principal atout. Celui qui se définit désormais comme le « candidat du peuple » veut forcer le trait « anti bling-bling ».

Le local ne compte que deux étages. Six cents mètres carrés, c'est tout. L'espace est deux fois plus petit que chez François Hollande. Le loyer, aussi, est réduit de plus de moitié. Dix-huit mille euros de location par mois seulement contre 40.000 pour le QG de l'adversaire.

Nicolas Sarkozy revendique l'étroitesse de l'endroit. « Quand on veut des grands bureaux, c'est qu'on a envie d'y rester. Nous, on veut aller sur le terrain, à la rencontre des Français ! », avoue celui qui assure n'avoir découvert l'endroit, déniché par son conseiller en communication, que le jour de son inauguration.

Son bureau n'en est pas moins personnalisé. Ce jour-là, pas question de s'introduire dans le « saint des saints ». La cohue des médias est telle qu'autant tenter de faire entrer une meute dans une cabine téléphonique. Mais nous aurons droit quelques jours plus tard à notre visite personnalisée du local avec vue sur cour tristounette. Où l'on verra un bureau de bois clair, deux canapés blancs, une photo du couple Sarkozy-Bruni aux côtés de Nelson Mandela et une intégrale des albums de Johnny Hallyday sur une étagère. Le candidat voulait-il signifier par là qu'il entendait mettre le feu à sa campagne ? « Il ne vient qu'une ou deux fois par semaine pour des réunions stratégiques », nous avoue un membre de son staff. Au moins ne risque-il pas de croiser François Hollande. Celui qui reste le favori des sondages habite à quelques centaines de mètres de là…