Présidentielle : « Les médias français sont partiellement partisans »

Rédaction en ligne

vendredi 20 avril 2012, 19:20

Les candidats aux élections législatives, venus débattre de la présidentielle au Soir, sont unanimes : les sujets de fond n'ont jamais été abordés. Le résumé du débat

Cette année, pour la première fois, les Français établis hors de France éliront onze députés aux élections législatives, qui auront lieu le 10 et 17 juin prochain. Une dizaine de candidats concourent pour le siège du Benelux. Ils se sont exprimés ce vendredi matin au siège du journal Le Soir sur la présidentielle française et sur la législative de juin.

Dans Le Soir de ce samedi

Découvrez tous les détails du débat dans Le Soir de ce samedi et dimanche 20 et 21 avril

Entre leurs pronostics pour l'élection de dimanche, leur ressenti sur la campagne présidentielle, leur avis sur la présence d'Elio Di Rupo au meeting de François Hollande, les candidats ont exposé leurs solutions pour améliorer la situation des Français de Belgique.

Les sujets de fond n'ont pas été abordés

Les neufs candidats présents sont tous d'accord sur un point : les sujets de fond n'ont pas été abordés lors de cette campagne. A qui la faute, chacun a son opinion.

Marie-Anne Montchamp (UMP) parle d'une « bulle spéculative et médiatique » en faveur de François Hollande et au détriment de Nicolas Sarkozy (qu'elle soutient). Un point de vue partagé par Dominique Paillé (Parti Radical) qui insiste sur le fait que le président sortant se trouve face à son propre bilan, « il sait qu'il ne peut pas promettre n'importe quoi ».

Pour Perrine Ledan (Europe Ecologie, les Verts), si les candidats ont peu abordé les sujets de fond, ce sont les journalistes qui leur ont dicté les thématiques à aborder. « Les médias français sont partiellement partisans ».

Ruben Mohedano-Brethes (Indépendant, centriste-humaniste) pense que c'est un peu facile de rejeter la responsabilité sur les médias. En ce sens, il est rejoint par Philip Cordery (PS) qui défend quant à lui son candidat : « François Hollande a un projet de société pour sortir de cette crise, c'est le président sortant qui n'a pas voulu en parler. » Pour Marie-Anne Montchamp, c'est au contraire une habitude de la gauche de ne pas parler des sujets qui font peur. « Sarkozy n'a aucun sujet tabou ».

Trop d'attaques personnelles

De son côté, Georges-Henri Seingry (Rassemblement des Français de l'Etranger) regrette le côté « attaque personnelle » de cette campagne. On se souviendra notamment des critiques à l'égard de l'accent et du look d'Eva Joly, la candidate des Verts.

Elio Di Rupo au meeting de François Hollande à Lille

En ce qui concerne la présence de notre Premier ministre au meeting de François Hollande, les candidats ne condamnent pas tous. Tanguy Le Breton (Indépendant) rappelle l'attitude de la gauche lorsque la Chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré soutenir Nicolas Sarkozy : « Pour les socialistes, le soutien affiché d'un chef d'Etat à un candidat n'était tout simplement pas acceptable. »

Seingry, lui n'est pas d'accord : « Quand on est Premier d'un gouvernement de coalitions qui comprend plusieurs tendances, ce qu'a fait Di Rupo est tout juste choquant ».

Paillé relativise : « Di Rupo l'a fait avec élégance et de toute façon, qu'il y soit allé ou pas, cela ne change rien aux intentions de vote des Français ».

L'Europe, bouc émissaire de la campagne

Philip Cordery pense que c'est aussi une preuve que l'Europe se politise, Europe qui, tous les candidats sont d'accord là-dessus, a été comme l'appelle Ruben Mohedano-Brethes (Indépendant, centriste-humaniste) le grand bouc émissaire de cette fin de campagne. Pour le socialiste Philip Cordery,la gauche est très claire sur le dossier européen : « Renégocier le traité budgétaire donnera de la marge de manœuvre à l'économie de l'UE. Il ne faut pas institutionnaliser l'austérité, mais aller plutôt vers une croissance européenne. Via des investissements, la taxation des transactions financières, des eurobonds ».

Tous déplorent que, dans une Europe qui tend vers plus d'intégration, les Français de Belgique soient si peu connus et même stigmatisés en France.

« Nous ne sommes pas des exilés fiscaux »

Cette réputation leur colle à la peau, les candidats s'en défendent. Pour Stéphane Buffetaut (Parti Chrétien-Démocrate), il y a un paradoxe : « On dit qu'ils représentent l'image de la France à l'étranger et en même temps, ils sont accusés d'avoir fui le fisc français. Il y a aussi un vrai problème entre le Français expatrié et l'administration française. »

Virginie Taittinger (Indépendante) abonde dans ce sens, « Nous payons nos impôts en Belgique et on laisse penser aux Français de France que nous n'avons que des avantages. Or, moi, je ne bénéficie d'aucun système français. »

Le débat, très riche, s'est déroulé dans une atmosphère conviviale. Si les avis divergent sur les politiques à mener, tous les candidats se rejoignent sur un point : il faut améliorer la vie de Français établis à l'étranger.

Elodie Lamer (St.)