Foule au Heysel pour le premier tour de la présidentielle

Alix Hardy

dimanche 22 avril 2012, 16:06

Ce dimanche 22 avril, entre 18 et 20.000 personnes sont attendues dans les 26 bureaux de vote du palais. Notre reportage

Foule au Heysel pour le premier tour de la présidentielle

C'est sous un soleil radieux que les Français résidant à Bruxelles s'acheminent ce matin vers le hall nº2 du palais du Heysel. Ce dimanche 22 avril, entre 18 et 20.000 personnes sont attendues dans les 26 bureaux de vote du palais pour voter au premier de l'élection présidentielle française.

Il est onze heures. Dans la file menant à l'entrée, les conversations vont bon train. On se salue, on se retrouve : l'ambiance est décontractée et la plupart des gens semblent plus amusés par le processus qu'agacés de devoir y consacrer leur dimanche matin. « On croise du monde, c'est sympa ! On a fait notre devoir de citoyen, voilà » déclare Mme Issanchou, résidant en Belgique depuis 6 ans.

Beaucoup disent suivre la campagne d'aussi près que s'ils étaient en France : ils lisent les mêmes journaux, regardent les mêmes médias. « On en parle même un peu trop depuis quelque temps, cette année, l'élection est vraiment devenue omniprésente », soupire une expatriée française à l'accent canadien, résidant en Belgique depuis une douzaine d'années. « Ca va peut-être décourager les gens d'aller voter », croit-elle. D'autres confient être moins convaincus : c'est le cas de Marie-Gabrielle, 19 ans et primo-votante. « Ça me parle moins que si j'étais en France : avec qui est-ce que je vais débattre de la politique française, ici ? » s'interroge-t-elle.

50 % d'abstention ?

À midi, la file s'allonge de plus en plus vite, jusqu'à atteindre 200 mètres de long. Les gens restent néanmoins souriants et estiment que le processus est rapide. « Il y a beaucoup de monde », confie Georges Jaussaud, consul adjoint au Consulat Général de France.« Nous avons 35.000 inscrits sur les listes électorales, et nous en attendons entre 18 et 20.000 ici aujourd'hui. Le taux d'abstention prévu est de l'ordre de 50 %, mais il peut y avoir une surprise ». Quelques-uns expliquent dans la file que l'abstention, ils y ont pensé « une demi-seconde, quand même » parce que « la campagne ne les a pas vraiment convaincus », mais qu'ils se sentent tout de même très concernés par l'élection.

Pour la présidentielle de 2007, les bureaux de votes avaient été répartis entre le Heysel et le Lycée Molière, à Uccle. Depuis 2007, le nombre de Français inscrits au consulat est passé de 80.000 à plus de 110.000, et les inscriptions sur les listes électorales ont augmenté en conséquence de plus de 30 %. « Le Lycée Français était trop petit, on a maintenant beaucoup trop d'électeurs. Tout a été centralisé ici, au Heysel » explique M. Jaussaud.

Bruxelles compte donc 26 bureaux de vote au Heysel, et un seul au Consulat pour les habitants de Saint-Josse. Toute l'infrastructure a été mise sur pied samedi en moins de quinze heures : bureaux, isoloirs… Mais de la conception à la réalisation, le montage des bureaux de votes est un travail de longue haleine : le vice-consul l'estime entre 9 et 10 mois de travail.

A l'intérieur des bureaux, le passage est rapide. « A voté ! » Les bulletins emplissent les urnes transparentes. Marion, 21 ans, confie « faire un choix plutôt par défaut » à cette élection. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Anissa Laich, la trentaine énergique, déclare avoir fait son choix de candidat « sur les questions de politique internationale ». Selon elle, c'est sur ces dossiers que l'on a vu « ceux qui avaient la carrure pour une présidence ».

La réponse tombera ce soir, et sera ébauchée en toute légalité par les médias belges à partir de 18h30. Sauf pour cette respectable sexagénaire, qui déclare qu'elle « n'ira pas voir les résultats avant 20 heures par patriotisme. La loi, c'est la loi ! ».