Sarkozy : « Je ne partage pas le point de vue de Le Pen »

Rédaction en ligne

mercredi 25 avril 2012, 21:46

Le candidat-président a dit n’avoir jamais assimilé les électeurs du MoDem à ceux du FN. « Mais je ne considère pas comme offensant d’avoir voté pour une candidate dont je ne partage pas le point de vue », a précisé Sarkozy.

Sarkozy : « Je ne partage pas le point de vue de Le Pen »

© AP

Invité sur le plateau de TF1 ce mercredi soir Nicolas Sarkozy a assuré n’avoir « jamais assimilé » les électeurs du Front national à ceux du MoDem, comme le lui a reproché le candidat centriste François Bayrou. Mais il précise qu’il ne jugera pas le vote des électeurs du FN.

« Je n’ai jamais assimilé les électeurs de François Bayrou à ceux du Front national, et d’ailleurs je ne considère pas comme offensant d’avoir voté pour une candidate dont je ne partage pas le point de vue », a déclaré le président-candidat sur TF1.

François Bayrou avait jugé un peu plus tôt « absurdes et offensants » des propos du chef de l’Etat « tendant à confondre les électeurs qui ont voté pour (lui) et ceux de Marine Le Pen ».

Dans un entretien aux quotidiens de l’Association des journaux de l’Est de la France, Nicolas Sarkozy a déclaré : « On ne peut pas accepter une immigration dont le seul but serait de bénéficier de prestations sociales toujours plus généreuses ! De ce point de vue, les préoccupations des électeurs de Bayrou et Front national sont les mêmes, même si les chemins sont différents ».

François Bayrou a pris mercredi clairement ses distances avec Nicolas Sarkozy, après lui avoir envoyé, ainsi qu’à François Hollande, une lettre définissant le cadre de son éventuel soutien.

« Je lui répondrai dès demain matin », a déclaré mercredi soir Nicolas Sarkozy.

Sarkozy dit que Ramadan soutient Hollande

Nicolas Sarkozy a assuré jeudi que l’intellectuel suisse musulman controversé Tariq Ramadan avait appelé à voter pour François Hollande, s’étonnant du manque de réaction du candidat socialiste à ce sujet.

« J’ai vu que Hollande (…) parle beaucoup du Front national. Mais que dit-il, lui, quand Tariq Ramadan ose appeler à voter pour François Hollande ? Tariq Ramadan, l’homme avec qui j’ai débattu, qui proposait un moratoire sur la lapidation de la femme adultère ? C’est monstrueux ! Voilà un homme qui appelle à voter pour François Hollande. Je n’ai pas entendu François Hollande dire que cela le gênait », a affirmé Sarkozy.

Tariq Ramadan, qui a participé le 7 avril dernier à la Rencontre annuelle de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) au Bourget, avait estimé qu’« au lieu de parler de viande halal, de burqa, d’identité nationale et de diviser la France », il fallait « l’unir ».

Il avait également évoqué « la majorité de Français qui n’est pas satisfaite depuis cinq ans », critiquant en creux le président Sarkozy, mais sans le nommer, pas plus qu’il n’avait nommé Hollande.

Interrogée par l’AFP, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, a assuré que Tariq Ramadan avait appelé à voter Hollande le 11 mars 2012 à Lyon.

« Je vois sur le site de Marianne un appel de 700 mosquées à voter pour Hollande. Et on ne lui pose pas la question ? », a également lancé Sarkozy sur TF1.

Deux députés de l’UMP, Eric Ciotti et Franck Riester, ont dénoncé mardi et mercredi « un appel » supposé « de 700 mosquées » à voter en faveur de François Hollande dont le Conseil français du culte musulman (CFCM) ne trouve nulle trace.

Sarkozy assure n’avoir pas parlé de « fête du vrai travail »

Nicolas Sarkozy a assuré mercredi sur TF1 n’avoir jamais parlé de « fête du vrai travail » à propos du rassemblement qu’il souhaite organiser le 1er Mai, une expression qui avait provoqué la fureur de la gauche et des syndicats.

« Vous voulez faire du 1er Mai la fête du vrai travail ? », l’interroge-t-on. « Non, non je n’ai pas dit du vrai travail, je veux faire du 1er Mai une fête du travail », a répondu Nicolas Sarkozy.

Lundi, le chef de l’Etat avait déclaré : « Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille ».

A TF1, le président candidat a précisé le sens de ce rassemblement.

« Les Français sous statut (…) travaillent dur. On parlait tout à l’heure des enseignants, c’est pas un métier facile. Mais vous admettrez avec moi qu’il y a une différence entre les Français sous statut et les Français qui travaillent dans les entreprises. C’est que quand la crise frappe que le carnet de commande diminue, il y a du chômage partiel, le salaire n’est plus versé ou il est versé à 30 % ou à 40 % », a-t-il dit.

« Je n’avais pas compris que Hollande avait privatisé le 1er Mai », a-t-il encore déclaré.

(P.VA. avec AFP)