Sarkozy : « Laisser sa place en sport ou en politique, c’est la règle »

Rédaction en ligne

vendredi 27 avril 2012, 16:43

Nicolas Sarkozy s’est laissé tenter par une analogie associant le sport et la politique. Le candidat socialiste n’a pas hésité à réagir, abondant dans son sens.

Sarkozy : « Laisser sa place en sport ou en politique, c’est la règle »

Crédit Cédric Petit

Sarkozy, convaincu par la périodicité de la victoire

Le président sortant Nicolas Sarkozy a dressé un parallèle vendredi entre les records qui « sont faits pour être battus » et les défaites en politique. « C’est la règle » pour le sport, et pour la politique, a-t-il souligné.

Lors d’un déplacement à la rédaction du quotidien sportif « L’Équipe », il a évoqué l’Américain Bob Beamon, détenteur du record du monde de saut en longueur en 1968 et 1991.

« Je pense que les records sont faits pour être battus, donc par conséquent, on ne peut pas être triste que quelqu’un d’autre prenne votre place parce que de toute manière, c’est la règle », a déclaré le président-candidat sur RTL. « C’est la règle pour le sport, c’est la règle pour la politique, c’est la règle pour la vie ».

« Beamon avait gagné, Beamon a été remplacé, mais je crois qu’il l’a accepté », a renchéri Nicolas Sarkozy.

François Hollande a pris la balle au bond : « C’est un bon principe que de reconnaître qu’une course peut être gagnée une fois, pas forcément une deuxième fois, et que ce n’est pas toujours le même qui porte les couleurs de la France. »

Et d’enchérir : « Les records sont faits pour être battus, les champions pour être remplacés. Le président sortant a rappelé au journal l’Équipe une règle qui sur le plan sportif s’appelle le fair-play et sur le plan politique, l’alternance ! »

Le 1er mai et le débat pour renverser les sondages ?

À neuf jours du second tour, Sarkozy accuse toujours un certain retard sur François Hollande. Le candidat de l’UMP tarde à combler son retard sur le favori de la présidentielle et inquiète son camp, qui espère un déclic pour conjurer le spectre d’une défaite.

Depuis dimanche, les enquêtes d’opinion se suivent et se ressemblent. Au terme de sa première semaine de campagne d’entre-deux-tours, le président-candidat reste invariablement donné perdant le 6 mai face à son rival socialiste, avec un écart important de huit à dix points.

Pourtant, Nicolas Sarkozy n’a pas ménagé sa peine. Dès le soir du premier tour, il a fixé sa ligne. Concentrer ses attaques sur François Hollande, qui ne l’a devancé que d’une courte tête au premier tour (28,6 % contre 27,1 %), et attirer sur son nom le maximum des électeurs qui ont porté leur voix sur Marine Le Pen (17,9 %) et François Bayrou (9,1 %).

Comme le réservoir de voix frontistes (6,5 millions) est le plus important, le candidat UMP en a fait son coeur de cible électorale.

D’estrades en studios, il assure avoir « entendu » et « compris » le message de cette « France qui souffre » et insiste encore davantage sur l’immigration, les frontières, le refus de « l’assistanat » ou l’identité nationale.

En coulisses, de plus en plus d’élus libéraux considèrent d’ailleurs le discours de leur champion comme une erreur. « Sarkozy se trompe », se désole un député UMP sous couvert de l’anonymat. « Les gens n’ont pas voté FN pour l’immigration mais pour l’emploi et le pouvoir d’achat, et ça, il n’en parle pas ». « II est devenu un épouvantail à centristes », confie un autre, qui estime que « c’est suicidaire, et tout bénéfice pour la gauche ».

« Il n’y a pas de place pour les états d’âme. Il n’y a pas d’accord avec le FN, on est propre », rétorque leur collègue Jacques Myard, membre du collectif « la droite populaire », l’aile droite de l’UMP, pour qui « si on veut gagner, c’est la seule stratégie possible ».

Mais les dures réalités de l’arithmétique électorale demeurent. « Les reports de voix du FN et du MoDem sont insuffisants », estime un ministre, pour qui « sauf miracle, c’est mort ».

Alors, beaucoup reportent désormais leurs espoirs sur un succès du rassemblement du 1er mai et, plus encore, sur un triomphe de leur champion lors du débat télévisé de mercredi pour inverser la donne.

« Ce sera très important », pronostique, enthousiaste, le ministre Thierry Mariani, avant d’ajouter que « Sarkozy joue en division mondiale, Hollande en régionale et ça va se voir ». « Une campagne ne se joue pas sur une soirée mais le débat peut changer le regard des Français sur François Hollande et servir de déclic », espère un de ses collègues qui croit encore qu’il reste une chance à Sarkozy d’être réélu le 6mai.

Jérémie Degives (avec AFP)