La Libye a financé la campagne de Sarkozy, affirme Mediapart

Rédaction en ligne

samedi 28 avril 2012, 19:18

Le site d'informations, Mediapart, en apporte la preuve en publiant une note officielle du régime libyen datée de fin 2006.

La Libye a financé la campagne de Sarkozy, affirme Mediapart

© AFP

Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, a demandé à Nicolas Sarkozy de « s'expliquer devant les Français » après les informations données par le site Mediapart sur un accord de la Libye pour financer sa campagne en 2007.

« À plusieurs reprises au cours des dernières semaines, des informations précises ont été communiquées par voie de presse, relatives aux relations qu'aurait pu entretenir la France avec le régime du colonel Muammar Kadhafi au cours des dernières années », écrit Bernard Cazeneuve dans un communiqué.

« Ces informations ont tout d'abord concerné le projet du gouvernement français de vendre du nucléaire civil à la Libye du colonel Kadhafi, jusqu'à l'été de l'année 2010. Elles ont été à plusieurs reprises confirmées ces derniers jours par l'ancienne présidente du groupe Areva, Anne Lauvergeon (…) Si ces faits étaient définitivement établis, ils témoigneraient des relations coupables et hasardeuses entretenues par les dirigeants français actuels avec ceux d'une dictature, dont on savait depuis longtemps la monstruosité des pratiques ».

À propos des informations publiées samedi par Mediapart sur un possible financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Kadhafi, Bernard Cazeneuve écrit : « face à des éléments aussi graves, étayés par des documents nouveaux émanant de l'entourage du dictateur libyen lui-même, Nicolas Sarkozy doit s'expliquer devant les Français ».

« Si les faits révélés par Mediapart étaient définitivement confirmés par d'autres documents ou les instructions judiciaires en cours, il serait alors établi que le président sortant a menti aux Français, pour dissimuler la réalité d'une très grave affaire d'État », ajoute-t-il.

Un peu plus tard, une autre membre de l'équipe de François Hollande, Delphine Batho, a jugé que « l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge indépendant s'impos(ai)ent ».

« Le fait que ces nouvelles révélations interviennent à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle ne peut suffire à démontrer qu'elles sont +grotesques+ », écrit la députée PS. « C'est désormais à la justice de faire toute la vérité : soit établir les faits et engager des poursuites, ou bien au contraire d'apporter la démonstration qu'il s'agit d'allégations mensongères ».

(AFP)