Sarkozy : « Trop, c’est trop ! Je dis à M. Strauss-Kahn »

Rédaction en ligne

samedi 28 avril 2012, 20:01

DSK a ouvertement accusé ses ennemis politiques, affiliés à Nicolas Sarkozy, d’avoir détruit sa candidature à la présidence française. Le président sortant et son clan ont immédiatement répliqué.

Sarkozy : « Trop, c’est trop ! Je dis à M. Strauss-Kahn »

© AFP

DSK accuse ses adversaires politiques

Le journaliste américain Edward Epstein, qui publie un livre sur l’affaire du Sofitel de Manhattan, affirme que DSK était surveillé par les « services français » plusieurs semaines avant l’épisode du 14 mai 2011, dans une interview publiée par Libération.

Dans un entretien publié par le quotidien britannique The Guardian, DSK, interviewé par Edward Epstein, accuse ses adversaires politiques de s’être servis de cette affaire pour faire échouer sa candidature à la présidentielle en France qu’il prévoyait d’officialiser le 15 juin 2011.

« Peut-être ai-je été naïf sur le plan politique mais je n’ai tout simplement pas cru qu’ils iraient si loin (…), je ne pensais pas qu’ils pourraient trouver quelque chose capable de m’arrêter », déclare l’ex-ministre socialiste. Pour le Guardian il met ainsi en cause des personnes « liées à Nicolas Sarkozy ».

Outre l’affaire de Manhattan, lui valant d’être encore poursuivi sur le plan civil par la femme de chambre qui l’a accusé de crime sexuel, l’ancien patron du FMI a été mis en examen à Lille pour proxénétisme aggravé en bande organisée, pour avoir participé à des soirées libertines dont certaines participantes étaient, selon les juges, des prostituées rémunérées.

Sarkozy demande à DSK de « s’expliquer avec la justice »

Nicolas Sarkozy a réfuté les accusations de Dominique Strauss-Kahn relançant la thèse d’un complot politique à propos de l’affaire du Sofitel de Manhattan en lui demandant de « s’expliquer avec la justice » et « d’épargner aux Français ses commentaires ».

« Je dis à M. Strauss-Kahn +expliquez-vous avec la justice et épargnez aux Français vos commentaires+ », a lancé M. Sarkozy lors d’une réunion publique à Clermont-Ferrand.

« Je respecte profondément la présomption d’innocence mais quand on est accusé de ce dont il est accusé et qu’on a un minimum de dignité, on a la pudeur de se taire et de ne pas rajouter à l’indignité », a-t-il déclaré devant plusieurs milliers de partisans.

« Quand je pense que pendant tous les épisodes scandaleux, honteux, de New York, de Lille, du Carlton, du Pas-de-Calais, ce fut l’honneur de la droite républicaine et du centre de ne pas s’en mêler, de ne pas utiliser, de se boucher le nez, de ne pas commenter, parce que commenter ces indignités, c’était en recevoir un peu », a ajouté le candidat de l’UMP.

Sarkozy : « Trop c’est trop »

« Mais qu’en pleine campagne électorale, à une semaine du premier tour, M. Strauss-Kahn se mette à donner des leçons de morale et à indiquer que je suis seul responsable de tout ce qui lui est arrivé, trop c’est trop ! », s’est emporté Nicolas Sarkozy.

« François Hollande a appelé à la rescousse une caution morale de poids, Dominique Strauss Kahn. Il ne manquait plus que lui et la famille est complète », a-t-il ironisé.

« Quant à M. Hollande, qui n’a pas découvert l’existence de M. Strauss-Kahn depuis deux jours, et Mme Aubry, qui négociait le pacte de Marrakech dans le riad de Marrakech, elle n’a pas découvert l’existence de M. Strauss-Kahn depuis deux jours ; qu’ils disent ce qu’ils pensent de ce ralliement de poids à sa candidature ! », a conclu le président sortant.

NKM s’en prend à Hollande et à son « témoin de moralité »

Quant à la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, elle s’en est prise à François Hollande qui se servirait de Dominique Strauss-Kahn comme « témoin de moralité », après les affirmations de l’ex-directeur général du FMI mettant en cause des personnes liées à Nicolas Sarkozy dans l’affaire du Sofitel.

Pour la porte-parole du candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy, son rival socialiste « vient de se trouver un nouveau témoin de moralité en la personne de Dominique Strauss-Kahn ». « Un témoin de moralité qui est mis en examen pour proxénétisme aggravé », a ironisé « NKM » auprès de l’AFP.

Selon elle, M. Strauss-Kahn « dénonce +les hommes de Nicolas Sarkozy+ » dans l’affaire du Sofitel de Manhattan qui a fait échouer sa candidature à l’Elysée.

« Vraiment ils sont forts les hommes de Nicolas Sarkozy ! », a-t-elle lancé en raillant : « depuis 20 ans ils ont réussi à inciter M. Strauss-Kahn à la débauche avec le succès qu’on a vu, et (…) aussi ils ont contraint François Hollande à ne pas dénoncer ces agissements ».

« Hollande était forcément au courant »

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, « comme premier secrétaire du PS » (entre 1997 et 2008, ndlr), M. Hollande « était forcément au courant comme il était courant des affaires Guérini et consorts ».

Le PS : « Une exploitation outrancière » de l’affaire DSK

« Il n’y a aucun commentaire à faire sur une affaire qui ne concerne pas le PS, encore moins le candidat François Hollande », a réagi Bernard Cazeneuve, un des porte-parole du candidat socialiste.

Selon lui, cette affaire « fait l’objet d’une exploitation outrancière de la part des équipes de Nicolas Sarkozy, qui perdent à mesure que le scrutin approche leur sang-froid et leurs nerfs ».

Hollande : « Aucun commentaire »

Le candidat du PS à la présidentielle, François Hollande, a déclaré dans un entretien à Radio J enregistré samedi et devant être diffusé dimanche ne disposer d’« aucune information » sur l’affaire DSK/Nafissatou Diallo et s’est en conséquence refusé à tout « commentaire ».

« Je n’ai aucune information, donc je ne ferai aucun commentaire. S’il y a des faits qui attestent effectivement une complaisance ou une instrumentalisation, la justice sera saisie », dit-il.

Pense-t-il que ce soit possible ? « Comment pourrais-je le savoir ? Nous sommes là dans un fait divers qui a eu des conséquences politiques. Qui a eu connaissance à un moment de ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel et a voulu le révéler ? Je n’en sais rien. S’il y a des éléments d’information (…) dans un livre (qui devrait paraître) dans peu de jours, nous verrons bien s’il y a matière à saisir la justice ».

(Avec AFP)